Accueil du site > Agir > Stop ! Ne touchez pas à nos retraites !
Il lance un appel aux travailleurs, militants et jeunes de toutes tendances :
Le gouvernement a décidé d’en finir avec le système de
retraites conquis en 1945. Après les « réformes » de 1993,
2003 et 2007, il engage toutes ses forces pour finir le travail.
Il invoque comme argument la nécessité de résorber
l’endettement public et il a mis officiellement la question
des retraites à l’ordre du jour de la conférence gouvernementale
sur les déficits publics convoquée fin janvier. Il
veut imposer les retraites par capitalisation, individualisées,
alors que, dans les pays où existent ces systèmes, les
fonds de retraite par capitalisation ont perdu au total
5 400 milliards de dollars dans la dernière période, spoliant
des millions de retraités.
C’est une déferlante. Patronat, gouvernement et même
dirigeants des partis de l’opposition, tous sont d’accord
sur un point : la « réforme » des retraites est urgente. Au
nom de « l’intérêt général » et de la « nouvelle gouvernance
», le Medef et le gouvernement ont commandé un
rapport au Conseil d’orientation des retraites (COR).
Objectif : engager une nouvelle contre-réforme pour
détruire la retraite par répartition, les régimes particuliers
et spéciaux, le Code des pensions civiles et militaires, la
CNRACL, l’IRCANTEC.
On nous parle d’endettement public ? 420 milliards
d’euros ont été offerts aux patrons en 2009 au prétexte de
lutter contre la crise. A quoi ont-ils servi ? La presse capitaliste
(Les Echos) le reconnaît : 2009 fut « une parenthèse
enchantée » pour les banquiers et les spéculateurs, qui ont
utilisé ces sommes gigantesques pour spéculer. 2009, ce
furent aussi plus de 700 000 emplois industriels détruits et
des dizaines de milliers supprimés dans le secteur public !
Et ce fut aussi le blocage des salaires pour toute la classe
ouvrière ! Pour 2010, on nous annonce à nouveau des centaines
de milliers d’emplois détruits, le chiffre dramatique
de plus d’un million de chômeurs arrivés en fin de droits
et une extension de la précarisation de la classe ouvrière
et de la jeunesse.
Et il faudrait maintenant accepter une nouvelle
attaque contre nos retraites ?
Travailleurs, les « arguments » avancés pour justifier la
contre-réforme des retraites sont autant demensonges.
• On nous dit :
« Il y a un problème de financement pour les retraites. »
Mensonge ! Des chiffres sont avancés. On parle de 10 milliards
d’euros, voire 25 milliards d’euros, qui manqueraient
pour 2009. Mais dans la seule année 2008, les exonérations
de cotisations de Sécurité sociale offertes aux
patrons se sont élevées à 30,7 milliards d’euros. En 10 ans,
ce sont 269 milliards d’euros qui ont ainsi été offerts aux
patrons, prétendument pour l’emploi, alors qu’ils n’ont
jamais autant licencié, privant ainsi de cotisations les
caisses de Sécurité sociale. Que l’on interdise les licenciements
et que l’on restitue l’argent des exonérations à la
Sécu, le problème du « déficit » ne se posera plus.
• On nous dit :
« L’espérance de vie augmente, il est normal de travailler
plus longtemps. » Mais l’augmentation de l’espérance
de vie est le produit des conquêtes sociales, et en particulier
de la Sécurité sociale de 1945. Faudrait-il revenir au
début du siècle dernier, quand la plupart des travailleurs
mouraient avant de partir à la retraite ? Tout lemonde sait
que l’allongement de la durée du travail va diminuer l’espérance
de vie. De plus, les deux catégories les plus touchées
par le chômage sont les plus de 50 ans et les jeunes,
pour qui l’embauche est de fait bloquée.
• On nous dit :
« Il faut rapprocher le public et le privé au nom de
l’équité. » Mais jusqu’en 1993 (réforme Balladur-Veil), la
durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux
plein était la même pour tous : 37,5 annuités. Les régimes
spéciaux et le Code des pensions civiles et militaires sont
liés aux statuts des personnels et au statut de fonctionnaire.
Quand la Sécurité sociale a été créée en 1945, ils ont
été délibérément maintenus comme référence pour tirer
vers le haut tous les régimes de retraite par répartition. Au
nom de quoi faudrait-il accepter de tirer vers le bas le
Code des pensions et les régimes spéciaux ?
Sur la base de ces mensonges, une opération d’union
sacrée est en marche. Le Premier ministre, Fillon, qui
bénéficie d’ores et déjà du soutien de la direction confédérale
de la CFDT, se félicite de ce que les dirigeants des
principaux partis de l’opposition (« de gauche ») revendiquent
eux-mêmes une réforme des régimes de retraite.
Fillon évoque un « pacte républicain ». Mme Parisot, présidente
du Medef, déclare que, sur cette base, un accord
peut être trouvé entre toutes les parties concernées sur
une contre-réforme des retraites.
Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, a
fait connaître le 17 janvier 2010 sur RTL son accord de
principe sur la constitution d’une commission PS-UMP
chargée de définir la contre-réforme (provoquant de vives
réactions au sein même de son parti).
Les députés du Parti communiste et du Parti de gauche
ont exigé « une réforme profonde du financement des
retraites » (le 21 janvier). Le Monde s’est empressé de titrer
« Les syndicats sont contraints de se positionner plus vite
que prévu » (21 janvier 2010). C’est clair : les partisans de
la contre-réforme veulent créer les conditions d’un
consensus dans lequel les organisations syndicales participeraient
à la remise en cause des régimes de retraite.
Nous disons : non. Les retraites ouvrières n’ont pas été
créées pour renflouer patrons et spéculateurs ! Ce ne sont
pas les régimes de retraite, c’est le système capitaliste qui
fait chaque jour la preuve de sa faillite. C’est l’Union européenne
et le gouvernement Sarkozy qui font la preuve de
leur faillite.
L’urgence est à l’unité pour dire clairement : « Ne touchez
pas à nos retraites ! » Il revient aux organisations
ouvrières de s’opposer à toute nouvelle contre-réforme
remettant en cause le régime général des retraites, les
régimes particuliers, le Code des pensions civiles et militaires.
Si le Parti ouvrier indépendant estime, pour sa part,
qu’il s’agit non seulement de bloquer la contre-réforme
qui s’annonce, mais également de reconquérir les conditions
anciennes, il n’en fait pas un préalable à la proposition
d’unité. Il est un point sur lequel chacun et tous peuvent
s’unir : aucune nouvelle attaque, aucune aggravation
de la situation, refus du piège du « consensus » et de la
prétendue négociation d’une contre-réforme destructrice.
Nous, signataires, disons à tous les dirigeants des partis qui se réclament
du mouvement ouvrier : aucune participation à la commission chargée
d’élaborer la contre-réforme.
Nous sommes convaincus que si les confédérations syndicales refusent le
piège du consensus et la prétendue négociation d’une contre-réforme
destructrice, ce refus interdirait au gouvernement de faire passer ses
projets contre nos retraites.
Nous en appelons au refus du consensus !
Nous en appelons à l’unité pour dire :
ne touchez pas à nos retraites !
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