Accueil du site > Arguments > Éditos IO > L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°83
Le 17 février, dans la grande salle
de la Mutualité, à Paris, se tiendra
le premier des meetings (et
réunions publiques) décidés par
le IIe Congrès national du Parti
ouvrier indépendant.
Pourquoi travailleurs et jeunes viendront-
ils à ce meeting ?
Sur les retraites, rien n’est joué. Certes,
de Parisot à Sarkozy et Fillon, tous en appellent
au consensus.
Consensus sur quoi ? Dans son interview
au Figaro, Fillon annonce que tout
serait bouclé en avril et que le gouvernement
ne s’arrêtera devant « aucun tabou ».
Ouvertement, Fillon évoque la remise en
cause du calcul de la retraite sur les six derniers
mois pour les fonctionnaires et les
travailleurs à statut public, et pour tous les
salariés l’augmentation du nombre de trimestres
cotisés pour obtenir une retraite
à taux plein. Et c’est pour imposer une telle
politique anti-ouvrière qu’il faudrait un
consensus !
« Notre démocratie a besoin de consensus
sur les choix essentiels », prétend Fillon.
La démocratie, c’est l’inverse du consensus
: c’est le droit reconnu à l’ouvrier de
défendre ses propres intérêts en s’organisant
en toute indépendance, politique et
syndicale.
La démocratie, c’est la reconnaissance
de la lutte de classe. Et qu’on ne vienne pas
nous dire que ce n’est pas de lutte de classe
qu’il s’agit quand on parle des retraites !
Les déficits creusés par l’Etat ? Ils l’ont été
pour aider capitalistes, banquiers, spéculateurs.
La remise en cause des retraites
des salariés ? Elle ne procède ni des courbes
démographiques ni de prétendus déficits,
mais de la décision politique d’appliquer
les critères de Maastricht et de mettre en
place, dans toute l’Europe, des plans de ri -
gueur anti-ouvriers.
Regrettant ce qu’il appelle « le revirement
» de la première secrétaire du Parti
socialiste sur les retraites, Fillon déclare :
« Je sais bien que le choix du consensus est
souvent plus difficile que celui de la posture
critique. » Fillon sait que Martine Aubry
et le bureau national du Parti socialiste se
sont prononcés pour une « bonne réforme
des retraites » (comme d’ailleurs les députés du Parti communiste et du Parti de
gauche). Mais Fillon s’inquiète de ce qu’il
sait être la position largement partagée par
des millions de travailleurs (qui peuvent
être aussi électeurs ou sympathisants du
Parti socialiste ou du Parti communiste).
Il comprend que le consensus n’est pas fait.
Certes, le piège est tendu dans lequel il voudrait
voir tomber les organisations syndicales
pour organiser avec le gouvernement
la contre-réforme des retraites. Mais ce
scénario est loin d’être réalisé.
La classe ouvrière n’a pas dit son dernier
mot. La mobilisation de millions de
travailleurs, public-privé, sur la base de
l’unité réalisée de leurs organisations sur
un seul mot d’ordre : « Ne touchez pas aux
retraites », peut contraindre le gouvernement
à reculer. Pour cela, il faut commencer
par dire clairement : « Aucun consensus,
ne touchez pas aux retraites ! » C’est pour
aider à organiser cette bataille décisive que
le Parti ouvrier indépendant, fidèle à l’indépendance
de classe qu’incarne son nom,
convoque ce meeting du 17 février. Meeting
dans lequel, au-delà des représentants
du POI, seront invités à prendre la parole
les militants ouvriers de toutes tendances
qui partagent cet objectif : se préparer aux
plus grandes mobilisations pour interdire
tout consensus et sauver les retraites ouvrières.
Daniel GLUCKSTEIN
secrétaire national du POI