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Communiqué de la commission femmes du POI

Dans une tribune publiée il y a quelques mois dans Le Monde, des médecins et des militantes de la Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception expliquent : « Aujourd’hui la principale menace contre le droit à l’avortement ne vient plus de ses traditionnels opposants religieux, mis politiquement à genoux, mais du démantèlement de l’hôpital public »1.

En 2000, on dénombrait 729 établissements pratiquant les IVG en France. En 2007, il n’en restait plus que 624.
Et leur nombre continue de diminuer. En région parisienne, après la fermeture des centres de Tenon, Rostand et Broussais, les centres d’Avicenne et de Saint-Antoine sont menacés.
C’est le résultat direct du plan de regroupement des 38 hôpitaux de l’AP-HP en 11 « territoires de santé », voté par Jean-Marie Le Guen, président suppléant du conseil d’administration de l’AP-HP et député PS.

Roselyne Bachelot a annoncé le 29 janvier dernier qu’elle allait demander aux Agences régionales de santé (ARS) de garantir un égal accès à l’IVG sur le territoire. Comment prétendre garantir un accès égal quand on ferme les centres IVG les uns après les autres, quand on ferme des lits et des hôpitaux, quand on remet en cause le droit à la santé ?

Ainsi, la loi Hôpital Patients Santé Territoires (loi Bachelot) frappe de plein fouet l’activité d’IVG : démantèlement des centres autonomes et des unités fonctionnelles, suppression de locaux et de personnel... Elle réduit l’accès aux soins dans tous les domaines et remet en cause de fait l’accès à l’IVG. Les IVG ne sont pas une activité rentable alors qu’on demande de plus en plus aux hôpitaux de l’être.

On connaît les conséquences : allongement des délais de recours à l’IVG, non respect des tarifs réglementaires, refus de prise en charge des mineures, etc. Chaque année, 5 000 femmes doivent aller avorter à l’étranger. Une gynécologue responsable de la commission avortement du Mouvement français pour le planning familial alerte : « Les centres refusent parfois des femmes qui appellent à 10 semaines de grossesse car ils savent qu’ils ne pourront pas tenir les délais ». Par ailleurs, l’intégration de l’activité IVG dans les services de gynécologie-obstétrique prive les femmes des soins d’équipes dédiées et motivées par la défense de ce droit, conquis de haute lutte.

Le POI, qui se prononce pour l’abrogation de la loi Bachelot, se prononce pour la réouverture et l’ouverture de tous les centres IVG nécessaires pour répondre aux besoins des femmes.

Cet article a été publié le 22 février 2010
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