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« Ne touchez pas à nos retraites ! Aucun consensus avec le gouvernement Sarkozy ! ».

Le gouvernement vient de publier son « document d’orientation sur la réforme des retraites  ». Il consiste en «  14 engagements ». Parmi eux, celui qui promet de mettre en place «  une contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital  » a fait l’objet de nombreux commentaires. Ainsi la «  réforme  » serait «  équilibrée », chacun y contribuerait à sa mesure… La réalité ? Travailleurs, chômeurs, retraités, jeunes, jugez vous-mêmes :

- « Le gouvernement fera de l’augmentation de la durée d’activité le socle d’une réponse durable et juste au déséquilibre des régimes de retraite […]. Premier levier : l’augmentation de la durée de l’âge d’ouverture de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein […]. Deuxième levier : l’augmentation des droits à la retraite. » Ces deux «  leviers  » sont retenus dans le document du gouvernement. Il s’agirait donc de reculer à 62, 63 ans l’âge légal d’ouverture des droits à la retraite et d’augmenter la durée de cotisation à 43, 44 annuités !

- « Des règles de retraite spécifiques existent par ailleurs dans la fonction publique […] Le gouvernement a ouvert une concertation spécifique avec les organisations syndicales de la fonction publique sur ce sujet et leur a assuré que ces règles ne seront en aucun cas caricaturées. Elles ne sauraient cependant être considérées comme intangibles. » Tout le monde le comprend : les règles ne seront pas «  caricaturées »… mais le code des pensions civiles et militaires, la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, etc., tout cela sera remis en cause !

- «  La réforme des régimes spéciaux effectuée en 2007-2008 » a permis « de construire un socle commun de principes […] Il est cependant nécessaire d’aller plus loin dans la constitution de ce socle commun. » En 2007, les régimes spéciaux (EDF, SNCF...) ont commencé à être alignés sur le régime général, en particulier dans le passage des 37,5 annuités à 40 et dans le calcul du montant des pensions. Ce n’est pas assez, il faut aller plus loin !

- «  Des mécanismes permettent de tenir compte des aléas de la vie professionnelle (chômage, parcours heurtés, précarité, etc.) mais aussi de la nécessité d’interrompre sa carrière en cas de maladie ou de maternité. Ces dispositifs doivent être préservés. Le gouvernement souhaite, dans ce cadre, intégrer dans le champ de la réforme la question de l’adaptation de certains d’entre eux. » Tout le monde comprend ce que cela veut dire : le décompte des périodes de maladie, de maternité, de chômage pourrait être remis en cause pour le calcul des retraites !

C’est la «  totale » ! Quelques jours seulement après avoir souscrit au plan de 750 milliards pour «  sauver l’euro », le gouvernement Sarkozy-Fillon abat ses cartes. Sa contre-réforme des retraites – tout entière tournée contre les travailleurs actifs, retraités, chômeurs, jeunes… – frappe le premier acte de l’offensive générale qui, au nom de la rigueur, vise tous les droits et garanties, les salaires, les services publics, l’assurance-maladie.

Ce gouvernement est aux ordres du Fonds monétaire international, qui, le 14 mai, dans un document rendu public à Washington, a appelé à la constitution d’un «  consensus politique suffisant  » pour mettre en œuvre des « mesures difficiles » pour « réduire les dépenses par habitant ». En particulier : «  En Europe, le FMI voit la majorité de l’effort dans les dépenses sociales en éliminant par exemple toutes les incitations à la surconsommation de soins. Il suggère de reculer l’âge de la retraite de deux ans ». Tout est dit. Le FMI, l’Union européenne, comptent sur le fameux « consensus » pour faire passer ces contre-réformes.

En France, donc, pour faire passer la pilule, on nous annonce la « taxation des hauts revenus ». Quel travailleur peut se laisser prendre à l’hameçon ? Le porte-parole du parti socialiste, Benoît Hamon, lui, se réjouit : «  Enfin, le gouvernement remet en cause ce qui était l’injustice la plus frappante de sa politique. » Et la première secrétaire du parti socialiste, Martine Aubry, reproche au gouvernement de ne pas faire «  de propositions précises ». Pas «  précis », le recul de l’âge de départ en retraite, l’allongement de la durée de cotisation, la remise en cause du code des pensions civiles et militaires, des régimes spéciaux, des dispositions particulières pour la maternité, le chômage ? Bien trop précis, au contraire !

L’annonce du plan gouvernemental confirme ce que nous n’avons cessé d’expliquer depuis le IIe congrès du POI au mois de janvier. Aucun consensus n’est possible avec Sarkozy. D’aucune manière, le mouvement ouvrier ne saurait entrer dans la moindre discussion sur la « bonne réforme  » possible et acceptable pour nos régimes de retraites. Le seul mot d’ordre ne peut être que : « Ne touchez pas à nos retraites ! Aucun consensus avec le gouvernement Sarkozy !  »
C’est sur cette base que se tiennent dans toute la France des réunions, des meetings publics, et que se tiendra à Paris le 28 mai prochain, à la Mutualité, un grand meeting des comités pour l’unité composés de militants ouvriers de toutes tendances et du Parti ouvrier indépendant. Tous à la Mutualité le 28 mai à Paris !

Le secrétariat permanent du Parti ouvrier indépendant Le 17 mai 2010, 20 heures

Cet article a été publié le 17 mai 2010
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