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« Les travailleurs sont en droit de s’adresser aux dirigeants du PS,du PCF,du PG, et de leur dire : PRONONCEZ-VOUS CLAIREMENT »

Le gouvernement a fait connaître le 15 juin sa contre-réforme des retraites : c’est une agression contre tous les travailleurs, du public et du privé, des villes et des campagnes, les retraités, les actifs, les chômeurs, les jeunes.

- Allongement à 62 et 67 ans de l’âge légal de départ en retraite et de retraite à taux plein
- Allongement à 41,5 annuités de la durée de cotisation
- Augmentation du taux de cotisation des fonctionnaires (ce qui se traduit par une baisse pure et simple de leur salaire)
- Remise en cause de divers aspects des régimes spéciaux et du code des pensions civiles et militaires Simultanément le gouvernement a déclaré qu’il n’y avait rien à négocier.
Toutes ces mesures ont une seule cible : la classe ouvrière, celle qui produit seule les richesses. Elles ont un seul bénéficiaire : les « marchés », autrement dit la classe des exploiteurs, capitalistes, banquiers et multinationales. Elles visent à donner des gages aux agences de notation financières internationales. Le gouvernement ne s’en cache pas.
- D’un côté, il accorde 100milliards d’euros au « fonds de garantie pour la stabilité de l’euro », c’est-à-dire pour satisfaire aux besoins des « marchés » spéculateurs.
- D’un autre côté, il fixe à 100 milliards d’euros les « économies » à réaliser sur l’ensemble des services publics, la protection sociale et l’ensemble des droits ouvriers, dans le but avoué de réintégrer les critères de Maastricht, en particulier les 3% de déficit budgétaire d’ici 2013.

Le POI se prononce pour le retrait du plan gouvernemental

Aujourd’hui les retraites. Déjà, dans le collimateur, se profile la remise en cause de l’assurance maladie. Puis toute la protection sociale devra être livrée aux appétits des assurances privées. Tout cela pour réduire le coût du travail au profit des capitalistes et grandes multinationales. Ainsi, le gouvernement se fait l’exécuteur zélé de l’Union européenne et du Fonds monétaire international. Fonds monétaire international qui, dans un rapport consacré à la France et publié le 15 juin (le jour même de l’annonce du plan du gouvernement concernant les retraites !), se félicite « des actions décisives » engagées par le gouvernement pour rétablir «  la confiance des marchés », précisant que «  la réforme des retraites et du système de santé doivent constituer la pierre angulaire de la stratégie budgétaire » et appelle le gouvernement français « à résister aux pressions » sur cette question des retraites !
Derrière tout cela, c’est Obama lui-même qui, aux ordres de la classe capitaliste des États-Unis, n’hésite pas à téléphoner directement à Zapatero, à Merkel, à Sarkozy pour donner ses instructions. En un mot : pour tenter de sauver un régime capitaliste en faillite, le gouvernement Sarkozy – comme d’ailleurs tous les gouvernements de l’Union européenne quelle que soit leur étiquette politique – remet en cause l’édifice des conquêtes sociales arrachées notamment dans les soixantes dernières années.

A cette agression sans précédent, les travailleurs n’ont qu’une réponse à apporter : Retrait du plan du gouvernement ! De toutes parts, depuis l’annonce du plan gouvernemental, les commentateurs s’empressent pour tenter de faire croire : « C’est terminé : la retraite à 60 ans, c’est fini ; les 40 annuités ne sont plus à l’ordre du jour. » Le gouvernement déclare : nous ne reculerons pas. Et pourtant, il est possible de les faire reculer. Ils doivent reculer.

A quelle condition ? L’unité sur des bases claires ! Le calendrier est connu : au plus tard le 20 juin, le gouvernement mettra au point son projet, soumis au conseil des ministres le 13 juillet, puis, à partir du 7 septembre, à l’Assemblée nationale, pour débat et adoption.

Dès lors, une question est posée :
comment imposer le retrait ?

C’est un fait : dans tout le pays, dans tous les secteurs de la classe ouvrière grandit l’exigence « retrait du plan Sarkozy/Fillon/Woerth ! ». Et aussi l’aspiration à l’unité des travailleurs et de leurs organisations sur ce mot d’ordre. Il faudrait être sourd pour ne pas l’entendre. Dans ces conditions, légitime serait l’appel des confédérations syndicales unies à la grève interprofessionnelle et à la montée sur Paris pour imposer le retrait de la contre-réforme.

C’est bien de cela qu’il s’agit : obtenir le retrait du projet de loi. Dans le respect des prérogatives des organisations syndicales, le Parti ouvrier indépendant soutiendra toute initiative allant dans ce sens.

Mais, sur la voie de la réalisation de leur unité pour le retrait, les travailleurs sont confrontés à une difficulté, à un obstacle : celui constitué par l’attitude des partis qui, historiquement, prétendent représenter leurs intérêts. Certes, et c’est bien la moindre des choses, ces partis protestent contre la contre-réforme du gouvernement. Mais que disent-ils ? Au lendemain de l’annonce de Woerth, Ségolène Royal en appelle à un référendum. Pour Martine Aubry, le PS « va combattre cette réforme et continuer à proposer un projet » pour « un autre système possible ». Pourquoi ne pas dire : « retrait » ? On se souvient que, deux semaines plus tôt, la même Martine Aubry avait déclaré : «  Si le gouvernement remet en cause la retraite à 60 ans, la gauche revenant au pouvoir en 2012 la rétablira. » Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, déclare : «  Si le gouvernement veut bien m’entendre, nous avons des propositions alternatives ». Pierre Laurent qui vient de lui succéder à la tête de ce parti : « Quand il y avait eu la réforme du CPE, son retrait a été obtenu après l’adoption de la loi. Donc parfois des lois peuvent être adoptées par une majorité parlementaire et ne pas avoir de légitimité populaire. Je crois que ce serait la cas de la réforme des retraites si elle était adoptée en l’état. »
Pourquoi ne pas dire retrait du projet de loi, maintenant, tout de suite ? Faudrait-il donc attendre 2012 et en attendant laisser passer le projet de loi ? Qui peut croire qu’il serait plus facile de laisser le Parlement adopter cette contre-réforme inique pour en obtenir plus tard l’abrogation ?
De telles prises de position sont inacceptables. Depuis des mois et des mois, les dirigeants du PS, du PCF, du PG revendiquent un « débat », formulent leurs « propositions », et leurs « contre-projets ». Et au moment où le gouvernement fait tomber sa contre réforme, ils continuent de faire comme si il y avait une discussion, comme si tout cela relevait d’un débat… Alors que le seul mot d’ordre qui s’impose, c’est : retrait du plan gouvernemental !
On a même vu, la veille de l’annonce du plan gouvernemental, des responsables du PS, du PCF, du NPA, du Parti de gauche publier dans le journal Le Monde une tribune libre consacrée à ce sujet, dans laquelle sont évoquées toutes sortes de propositions sur le partage des richesses, etc. Et pas une seule fois l’exigence du retrait !

L’heure est grave. Les travailleurs sont en droit de s’adresser aux dirigeants du PS, du PCF, du PG, etc.et de leur dire :

PRONONCEZ-VOUS CLAIREMENT

Tel est le sens de la lettre ouverte dont le Parti ouvrier indépendant a pris l’initiative :

LETTRE OUVERTE

« Dirigeants du Parti Socialiste, du Parti communiste français, du Parti de gauche, l’heure est grave.
Les travailleurs sont en droit de s’adresser à vous pour vous dire : prononcez-vous clairement.
Assez de déclarations sur les réformes souhaitables, les contre-projets ! Assez de déclarations d’intention pour 2012 !
UN SEUL MOT D’ORDRE : RETRAIT DU PROJET DE LOI SARKOZY/FILLON/WOERTH SUR LES RETRAITES
Continuer à refuser d’exiger le retrait reviendrait à donner un feu vert au gouvernement pour qu’il impose sa contre-réforme. Cela ne se peut pas !
Dirigeants du PS, du PCF et du PG, il n’est qu’une urgence : non pas aider le gouvernement à faire passer son projet meurtrier,mais prendre position tout de suite, nettement, sans aucune condition, maintenant et tout de suite pour le retrait du projet gouvernemental
 ».

19 juin 2010

Cet article a été publié le 20 juin 2010
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