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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°105

GESTION REALISTE ...

Des centaines de milliers de salariés, retraités et jeunes ont manifesté pour le retrait du projet de loi Sarkozy-Fillon, qui veut repousser à 62, 63 ans… puis 65 ans l’âge de départ en retraite. Martine Aubry a expliqué la semaine dernière dans un meeting à Roubaix : « Nous ne demandons pas le retour à 60 ans pour tout le monde : nous ne l’avons jamais demandé. Nous savons qu’il va falloir travailler plus longtemps. »
Ainsi, d’un côté, la première secrétaire du PS dit que si la gauche arrive au pouvoir en 2012, elle rétablira l’âge de départ à la retraite à 60 ans, de l’autre, qu’il va falloir travailler plus longtemps ! Martine Aubry a expliqué sa position en faveur de l’allongement, en indiquant : « Il (Sarkozy, NDLR) voudrait une opposition qui dit n’importe quoi, qui soit irréaliste, mais les Français savent que nous savons gérer. » Donc, si l’on comprend bien, au nom d’une « gestion réaliste », il faudrait allonger la durée de cotisation !
Mais de quelle « gestion réaliste » s’agi-til  ? Celle que voudraient imposer le FMI et l’Union européenne, et que le gouvernement traduit par sa détermination à tailler 100 milliards dans les dépenses publiques, pour respecter en deux ans le pacte de stabilité  !
Il en est des retraites comme de l’offensive généralisée contre les acquis sociaux et la démocratie politique. Notre commune de Mailhac est confrontée comme toutes les communes à la réforme territoriale. Le président PS du Grand Narbonne, Bascou, répond aux maires qui refusent l’intercommunalité forcée : « Je ne suis pas d’accord avec la réforme des collectivités territoriales voulue par l’Etat, mais il faut être pragmatique.  » Et, au nom de ce « pragmatisme », il veut entraîner nos communes dans le Grand Narbonne, « Pragmatisme » et « gestion réaliste » ne sont que l’habillage du consensus qui lie les dirigeants de « l’opposition » à l’Union européenne et ses conséquences sur la démocratie politique et les acquis sociaux. Mais qui les oblige à faire cette politique  ? Personne ! En tout cas pas les travailleurs et leurs organisations qui se mobilisent pour le retrait du plan gouvernemental sur les retraites ! Pas non plus les citoyens qui refusent les augmentations d’impôts, la suppression des services, ni les employés territoriaux refusant les réductions de postes que votent partout les présidents de gauche et de droite des conseils généraux !
Le réalisme ne devrait-il pas au contraire amener tous ceux qui se réclament du socialisme à considérer que les acquis sociaux sont incompatibles avec le capitalisme en décomposition, qui ne sert plus que les spéculateurs ? Le réalisme ne devrait-il pas les amener à rompre avec les donneurs d’ordre de l’Union européenne ? Pour le POI, il s’agit d’aider à la mobilisation afin de bloquer le projet gouvernemental contre les retraites. C’est le sens de la lettre ouverte qu’il a adressée aux dirigeants du PCF, du PS, du PG… « Continuer à refuser d’exiger le retrait reviendrait à donner le feu vert au gouvernement pour qu’il impose sa contre-réforme. Cela ne se peut pas ! »
Sur un autre plan, c’est l’appel du conseil municipal de Mailhac pour le vote non au Grand Narbonne, non à l’augmentation des impôts, non à la privatisation des services publics, à travers le référendum qu’il organise (voir page 7) afin de faire prévaloir les intérêts de la population. Plus que jamais : rupture avec l’Union européenne ! Rupture avec le gouvernement.

Gérard SCHIVARDI
secrétaire national du POI

Cet article a été publié le 7 juillet 2010
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