Accueil du site > Arguments > Éditos IO > L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°106
Passons sur les dénégations,
ce 12 juillet, sur
France 2, du président
de la République sur
les affaires et les scandales
qui minent ce gouvernement
et ce régime, pour revenir aux trois
premières minutes de son discours.
Parlant à la première personne, il a
dit : je maintiens le ministre Woerth
à son poste ; il mènera la réforme
des retraites ; le Conseil des
ministres adoptera le projet de loi
le 13 juillet ; l’Assemblée nationale
en discutera à partir du 6 septembre.
La loi sera votée en octobre.
Les choses sont clairement dites.
Il a simplement consenti à dire qu’il
recevra les « partenaires sociaux »,
qu’il écoutera les débats à l’Assemblée
nationale,mais que le coeur de
sa loi, à savoir la remise en cause du
départ à la retraite à 60 ans et le passage
à 62 ans, ainsi que l’alignement
du public sur le privé, sera maintenu.
Il l’a clairement dit : il y aura
débat, mais ma loi sera votée.
A tous ceux qui proposaient des
réécritures, des amendements, un
« grand débat parlementaire », des
négociations,des propositions alternatives,
il a clairement indiqué ce
soir : ma loi sera votée.
Il leur a dit : vous pouvez faire
des propositions sur des questions
secondaires,mais la remise en cause
de la retraite aura lieu.
Et il a ajouté : je m’attends à ce
qu’il y ait des manifestations. C’est
une forme d’expression sociale,mais
même s’il y a beaucoup de monde
dans la rue, je ne reculerai pas.
La preuve est faite que les manifestations
saute-mouton, sans lendemain,
ne sont rien d’autre pour
M. Sarkozy qu’une « expression
sociale ».
Mais les travailleurs ne veulent
pas s’exprimer socialement. Ils veulent
voir le retrait d’un projet qui va
remettre en cause la vie de dizaines
de millions de travailleurs, de 15
millions de retraités et hypothéquer
l’avenir de toute la jeune génération.
Et c’est pourquoi, chaque jour
qui passe, s’exprime avec plus de
force encore cette volonté des travailleurs
de voir ce projet retiré. C’est
ainsi que dans tout le pays s’élargit
le nombre de prises de position
intersyndicales pour dire : « Le 7 septembre,
grève interprofessionnelle
pour le retrait du projet de loi ! »
L’annonce par le président Sarkozy
qu’il maintient le cap laisse-telle
une autre voie que celle de la
lutte de classe pour obtenir le retrait
du projet ? N’exige-t-elle pas d’en
finir avec le prétendu débat qui ne
ferait qu’accréditer qu’une réforme
est nécessaire ? La seule chose qui
est nécessaire, c’est le retrait.
C’est ce à quoi s’attachent les
militants du Parti ouvrier indépendant,
avec des dizaines de milliers
d’autres militants ouvriers, qui,
ensemble, agissent pour faire prévaloir
les droits de la population
laborieuse, qui sont en opposition
avec ceux des patrons et des spéculateurs.
Le discours de Sarkozy est un
appel à élargir ce combat.
Lucien Gauthier