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Activité des comités

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Dreux : meeting unitaire

Le meeting a été présidé par Georges Lemoine, membre du Bureau National du POI et a rassemblé 140 participants


Sandra Renda a introduit (voir son message ) : « Ce qui se passe chez Philips c’est exemplaire. Militante, j’étais déléguée à Limeil Brévannes, on nous prenait pour des utopistes. Puis on nous a dit « la crise est dernière nous ». C’est totalement faux, c’est l’Etat qui a renfloué els banques à hauteur de 450 milliards ! Le retrait du PSE de Philips, c’est un point d’appui pour le reste. On se retrouve autour de cette table, quelles que soient nos idées. Un seul slogan, le maintien des emplois, à Philips comme partout il s’agit d’organiser le combat. On a su démontrer qu’on était aussi dessus des divergences. Ce qui est important dans cette décision de justice emblématique, c’est que c’est une obligation que Philips doit respecter. C’est la victoire d’un combat commun et uni. »

Georges Lemoine  : « c’est la Défense du monde du travail contre le capital, nous ne devons pas l’oublier »

Gisèle Querité, conseillère régionale PCF  : « Je me réjouis de la victoire des travailleurs de Philips, c’est la victoire de tous les drouais, c’est un début. Nous nous rassemblons pour construire quelque chose.Les licenciements c’est la violence . C’est la révolte, c’est la colère, c’est l’humiliation, Face à cela on peut témoigner de sa solidarité, assurer le soutien, le respect pour le travail accompli, cela va apporter un peu de réconfort, mais qu’est-ce que cela va changer ? est-ce cela le rôle de l’élu ? Je ne pense pas qu’on puisse aménager le libéralisme, ni s’accommoder de l’équipe en place, pour qui la vie des gens n’a aucune importance.Des choix politiques sont fait pour plus d’argent en bourse et cela bien avant la crise de maintenant, des milliers d’emplois ont disparu, il n’y a aucun espoir pour les jeunes. Des milliards ont été donnés aux banques sans contreparties, il y a le démantèlement des services publics et on ne peut rien faire pour les chômeurs ? Les « fin de droits » , c’est tellement parlant. Il faut avec le nouveau conseil régional montrer l’utilité de l’interdiction des licenciements pour les entreprises qui font des bénéfices, se regrouper pour faire reculer le gouvernement sur la réforme territoriale. Pour faire face, il faut la résistance, il faut une autre utilisation de l’argent, sous le contrôle des citoyens, mettre en place des fonds régionaux, un moratoire sur les suppressions d’emplois et des tables rondes pour discuter, une conférence régionale réunissant les acteurs sociaux avec pour objectifs des créations d’emploi, la formation, c’est le pourquoi du front de gauche, nous avons besoin de prendre espoir, l’humain d’abord et pas la bourse. » Bernard Farion, socialiste, vice président de la région centre : « On nous dit souvent que la lutte des classes est dépassée, on voit bien que non. La lutte des travailleurs est toujours présente et en permanence il nous faut lutter. On ne connaît pas les responsables de ces entreprises, on voit des gens qui retransmettent des ordres qu’ils ont reçus. Dans ce qui s’est passé à Philips, aucune information aux familles, des lettres expéditives, la fermeture brutale, sans tenir compte des éléments humains. Il faut s’unir pour définir de nouvelles règles dans le droit du travail. Ce n’est qu’un début, il y a du chemin à faire pour trouver des voix acceptables pour la société. »

Karim Laanaya, Europe écologie  : « J’avais préparé un texte : un peu ému et très heureux pour vous tous. Je disais à Chartres avec les syndicalistes présents, que la situation reflétait assez bien cette société sans limite, aggravée par les mesures gouvernementales. C’est une première victoire, une première en France, un exemple qui sert à mettre en garde les margoulins qui seraient tenter d’utiliser les mêmes méthodes que Philips. Je n’oublie pas que d’autres entreprises, Valeo à Nogent, … qui sont dans des situations difficiles. Il y a dans la salle diverses organisations. Dans la salle, il y a ceux qui veulent travailler dignement et qui se sont unis donner la main pour gagner ensemble. Cette première victoire en France doit mettre un coup d’arrêt à toutes ces dérives. »

Valentino Gambuto, secrétaire de la section PS de Dreux : « je veux féliciter ceux de Philips, qui y ont cru jusqu’au bout. Beaucoup ont douté, j’ai fait partie de ceux qui ont douté.Pourquoi les entreprises licencient ? Parce que leur motivation, c’est l’argent. A chaque fois qu’il y a un plan, cela permet aux entreprises de faire des bénéfices . Aujourd’hui faire un plan de licenciements cela rapporte. Aujourd’hui, c’est un mode de bonne gestion. Philips n’a pas anticipé. Sa responsabilité c’est anticiper les mouvements de l’industrie, et il n’a pas anticipé avec les salariés, pour leur formation. Il faut que les licenciements coûtent plus cher. Il y a un certain nombre de solution, on peut surtaxer les entreprises qui font des bénéfices. Les méthodes de voyou des actionnaires lèsent les entreprises, les PME . Philips et LG en ont profité pour aller monter en Pologne une usine. Les petites entreprises et les artisans, avec qui Philips soustraite en pâtissent, C’est en ce sens qu’il faut légiférer. » 

1er NPA : MANU GEORGET : « je suis un peu crevé, il faut réfléchir. On nous conditionne à être des perdants. La victoire des Philips montre que quand on va jusqu’au bout on gagne, c’est un élan pour Total, pour nos services publics, nos services hospitalier. » 

2ème NPA Agnès CUEILLE « je tiens à m’exprimer au nom de mes camarades. Nous sommes venus pour soutenir les Philips, et manifester notre solidarité avec les 212 qui continuent à être en lutte. On continuera à être avec eux, les vies des Philips valent plus que leurs profits. La semaine dernière la direction a franchi ce pas dans le plus grand cynisme et le plus grand mépris pour les empêcher d’accéder à leur poste de travail. Cette manœuvre de Philips visait à disperser les salariés, tout faire que les salariés se résignent. La lutte des Philips avait commencé à prendre une autre dimension, plus seulement en terme de prime de licenciement, il y a des ouvriers à Dreux qui veulent garder leur emploi, ils sont sortis de l’acceptation des licenciements. Il y a débat. D’autres expériences se sont passés autour de cela, c’est une lutte à caractère exemplaire qui tend à vouloir mettre un coup d’arrêt aux licenciements, cela s’est fait en Argentine. La justice a joué son rôle et on s’en félicite. Il y a une plus grande résonnance à l’interdiction des licenciements, il faut avancer vers une convergence des luttes appeler les salariés à rejoindre les positions de Philips dans un cadre de solidarité et démocratique, au delà des clivages privé public, démocratique parce pour que la convergence soit démocratique, les gens prennent en main leur destin, il faut que ce soit eux les acteurs de leur victoire, du maintien de leurs emplois. » 
Laurent Bordeau , secrétaire départemental du Parti de gauche  : « La commission européenne a donné des subventions à Philips pours’ installer en Pologne. Et le patron de Philips a dit : il n’y aura plus de travail à Dreux. Cette salle montre l’exemple d’une unité. Est-ce unité de façade ? Allons-nous prendre nos responsabilités comme les syndicats et els salariés ont pris leurs responsabilités ? J’espère qu’il y a aura un après Philips, une autre société. D’où notre présence ce soir, j’espère que le politique sera à la hauteur des attentes des salariés qui trop souvent ont vu que les politiques avaient des intérêts particuliers. En 2002 un homme a dit qu’il ne pouvait rien. En 2007 un autre a dit : je peux tout, il a menti ; Le premier c’est Jospin. Le politique a le pouvoir de faire quelque chose, d’arrêter ces multinationales. Il faut imposer la loi du peuple. Nous sommes en capacité de faire changer les choses. Nous sommes le peuple, il doit avoir le pouvoir absolu sur ce pays. »

Jeff HABIMANA , PCF de Dreux  : « Je tiens à saluer l’engagement dans la lutte juste et noble menée par les travailleurs de chez Philips, une vraie lutte de classe. Tous les grands patrons sont ensemblee ? Alors ensemble nous avons le même combat contre ces bandits. Quelles solutions pour que ceux de Philips, de Total puissent travailler ? Il y en a eu des fermetures d’usines depuis ce gouvernement. L’ironie c’est que le peuple l’a élu pour être en sécurité. On pouvait souhaiter que ce gouvernement ait autant d’habilité pour sauver les travailleurs que pour sauver les banques. Les multinationales proposent des emplois à 450 euros en Hongrie. Mais les ouvriers hongrois ne sont pas nos ennemis. Ces bandits des entreprises sont des barbares. Ils ignorent nos besoins et nos souffrances, ils se foutent de nous. Nous sommes plus nombreux mais dominés parce que nous sommes divisés. Ne laissons pas filer cette expérience, nous devons être plus que jamais unis dans les luttes. La lutte des classes est omniprésente. Pour créer le rapport de force nous devons être organisés et complémentaires. L’unité dans les luttes, faire l’effort de surpasser les intérêts partisans au profit intérêt général, ensemble nous sommes forts et capables de faire plus que ce qui s’est fait là. »

G. Lemoine : « je passe la parole à Nicole Mas au nom du POI à l’origine de l’organisation de cette soirée. »

Nicole Mas, secrétaire du POI : Je salue la mobilisation unie qui a réuni à faire capoter le PSE à Philips, nous tous ici rassemblés victimes des plans destructeurs du gouvernement et de l’UE. Diminution de salaires de 10 à 20 %, diminution des pensions, report de l’âge de la retraite : c’est aujourd’hui en Grèce. Cela peut être la France demain si on ne stoppe pas.Quel est le deuxième budget de l’Etat : c’est la dette. 45 millions de dettes à rembourser ? Vis à vis de qui ? Comme l’a dit un Travailleur grec : « pas un centime de cette dette n’est passé dans mes poches. ». Les états se sont endettés pour rembourser les spéculateurs et mettre à genoux les salariés en détruisant leurs emplois, leurs salaires, leurs retraites. Voilà pourquoi il vient d’y avoir la fermeture de CODAPA, voilà pourquoi l’état refuse la nationalisation de groupe Philips. La nationalisation c’est la seule manière de garantir l’emploi. Voilà pourquoi le gouvernement veut baisser de 20 % les pensions. Cette dette n’est pas la nôtre. Annulation de tous les plans de licenciements. Ne touchez pas à nos retraites. Ce sont sur ces choses simples et évidentes que l’unité doit se réaliser. La direction s’est vantée d’avoir tenu16 réunions de dialogue social : mais pas plus avec une ou 16 réunions de dialogue social, on ne peut accepter un seul licenciement, une seule suppression d’emploi. De même pour les retraites, qui peut accepter qu’on puisse discuter d’un calendrier, de sa longueur, des dates des décisions ? Pourquoi reprendre cette rengaine « il faut une réforme », alors que la seule chose qui compte pour le gouvernement c’est de prélever 100 milliards sur le dos des travailleurs pour rembourser les banquiers. Ce qui vient de se produire à Philips n’est pas le produit du débat-consensus. C’est le produit du combat uni pour le retrait du plan, son annulation. Sur le mot d’ordre d’interdiction des licenciements, retrait du PSE sur Philips comme partout, comme pour les retraites, pour les 75% des 6 derniers mois dans le public, pour le retour aux 10 meilleurs années dans le privé, etc. nous pouvons nous rassembler. Il n’y a pas d’autre voie que s’unir pour interdire les licenciements,. Aucun consensus avec Sarkozy et les banquiers. C’est les travailleurs qu’il faut sauver, par les spéculateurs. Quelle que soient nos positions, ceux veulent adhérer au POI peuvent le faire d’ailleurs, nous pouvons poursuivre ensemble ce combat.

Evelyne Boullé, Syndicaliste CODAPA : « Le 19 février, Philips restera dans les mémoires. Le 19 janvier, le CODAPA a fermé ces portes, le 15 février, lundi dernier la liquidation a été prononcée. 216 salariés et 1000 personnes âgées sont concernés. le CODAPA est une association consacrée à la grande dépendance. Depuis le mois de mai elle est en redressement judiciaire, nous avons sollicité le Conseil Général pour nous défendre.216 salariés se sont sentis trahis et lâchés par les Conseillers Généraux qui nous ont placé au cœur des querelles politiques. Des salariés étaient en contrat précaire, avec un salaire dérisoire, on espérait une autre considération depuis 40 ans. Certaines personnes âgées demeurent sans aide, elles se retrouvent sans interlocuteurs. La prise en charge des plus fragiles va devenir objet de marchandisations. S’il y a applaudissements, qu’ils soient réservés à mes collègues du CODAPA . »
Stéphane Formery , syndicaliste Valéo  : « A Valéo on a subi 2 PSE, on a perdu 300 personnes, sans compter les départ anticipés … On est passé de 1700 salariés à 543. Aujourd’hui on reprend de l’intérimaire ce qui en dit long sur ce qui se passe. On lutte pour essayer de savoir ce qu’ils veulent faire avec nous. Le site de 1700 salariés est vide aujourd’hui. On cherche les gens. Maintenant c’est du stockage. On a un droit d’alerte pour les sites de Nogent et Reims. Le combat de Philips va nous donner de l’aide. A Valéo on a aussi nos barbares. On va les calmer. Mais on a des grosses inquiétudes. Valéo détruit psychologiquement les gens. On discrédite les partenaires sociaux. C’est continuel. On en reparlera. Sur les 22 sites, ils veulent qu’on soit beaucoup moins fin 2010-11. » 
Marie Madeleine Mialot vice présidente PS du Conseil Régional  : « François Bonneau, Président de Région, m’a demandé d’être là. Nous sommes plusieurs, je suis socialiste. On est beaucoup ce soir. Nous nous battons quand des entreprises bafouent le droit du travail, nous sommes à chaque fois sollicités pour intervenir auprès du gouvernement, ou des patrons. Je vous lis la lettre de F Bonneau (lettre lu à Paris) : « nous nous opposons à tout licenciement, etc…). Nous nous engageons sans délai auprès d’ Estrosi (…) ». Nous sommes ravis, vous avez eu raison d’être exigeants, pour qu’il n’y ait pas de licenciement, nous nous battons sur ce terrain. Je suis venue saluer le combat des Philips, de leurs organisations, saluer le POI pour l’initiative du rassemblement de ce soir. Et je me fous que cette initiative ait lieu en période électorale, l’important c’est qu’elle ait lieu. » 

Dominique Maillot au nom du comité pour l’unité pour l’interdiction des licenciements a conclu le meeting : « Le patron de Philips vient de publier communiquer : « nous prenons acte de la décision du tribunal, Dès lundi la production reprendra ». Par delà la forme juridique, c’est de lutte de classe qu’il s’agit. Cela montre la capacité de la Classe Ouvrière à s’unir même si c’est au niveau d’une usine. Il y aura un après Philips. On ne peut accepter ce qui se passe en Grèce, comme on ne peut accepter ce qui se passe ici : 40 % de chômeurs de moins de 25 ans à Dreux, cela ne peut plus durer, c’est pour cela que nous avons constitué notre comité. Militants et élus PC PS POI NPA LO FO, CGT… nous nous sommes retrouvés à Limeil-Brévannes en décembre 2008 et on a décidé de mener campagne pour l’interdiction des licenciements. On pourrait dire que nous n’avons pas étés particulièrement entendus. Mais il n’est pas trop tard. Sarkozy cherche à débattre, cherche le consensus sur toutes les questions . Nous disons : Il n’y a aucune raison d’accepter le consensus dans les Etats généraux de l’Industrie comme il n’y a aucune raison d’accepter de discuter du calendrier de la soi-disant réforme des retraites ! Qu’on ne touche pas aux retraites, interdiction des licenciements, et c’est tout : c’est la base de l’unité. On a parlé des propositions de reclassement en Hongrie pour jouer sur le sensationnel. Cela fait partie des obligations de reclassement prévues par le code du travail. En fait Sarkozy veut casser le droit du travail. Il faut le dire clairement : ce qui est scandaleux ce n’est pas qu’un français soit envoyé en Hongrie toucher 450 euros, ce qui est scandaleux c’est qu’un travailleur hongrois touche 450 euros. La tribune de la conférence de Puteaux a pris la mesure de la gravité de la situation. Elle a mesuré l’appel à Total à la grève dans l’unité, grève pour le retrait du plan social à Dunkerque, et je salue l’appel de la CGT à la grève dans les sites pétroliers. C’est pourquoi elle a décidé de tenir une nouvelle réunion en juin . Que des centaines d’entreprises, de militants de toutes tendances, d’élus soient représentées pour l’unité pour interdiction des licenciements. C’est un véritable tsunami qu’ils nous préparent, les 450 OOO licenciements de 2009 risquent d’être dépassés ? Alors nous devons et nous allons prendre nos responsabilités. Pour l’Unité pour l’interdiction des licenciements, préparons la conférence du mois de juin, élus, militants de toutes tendances pour que ce qui s’est fait chez Philips puisse se faire au plan national. Quelle que soit vos appartenances ou idées politiques ou syndicales, vous pouvez rejoindre le comité pour l’interdiction des licenciements et demander les informations. Des feuilles d’inscription sont à remplir à la sortie. 

message de Sandra Renda,(avocate, militante engagée, membre du comité pour l’interdiction des licenciements ) aux lecteurs d’Informations Ouvrières

La décision du tribunal est un coup de massue judiciaire sur la tête de Philips, un signe fort pour toutes ces multinationales qui croient pouvoir licencier à la minute à l’américaine au mépris du droit du travail sans respecter la dignité des travailleurs.Au delà des principes, la décision de justice sanctionne le coup de force de Philips. Cette décision est le résultat de la détermination des salariés qui ne se sont jamais résignés avec leurs organisations syndicales et ont mené le combat pour le maintien de leur emploi. Ce meeting aujourd’hui montre que dans l’unité nous pouvons mettre fin au système capitaliste qui croît pouvoir être propriétaire de la vie des salariés comme de leurs propres usines. La véritable propriété c’est le travail fourni par tous ces travailleurs sans qui Philips ne serait rien. Ceux qui il y a un an et demi, lors de la conférence de Limeil-Brévannes, nous traitaient d’utopistes, se sont trompés. Nous étions visionnaires et lucides. A la tribune aujourd’hui du NPA à Europe Ecologie, il n’en manquait pas un. Pourquoi ce qui s’est passé aujourd’hui ne peut pas se produire demain ? Qui d’autre peut répondre à ce mot d’ordre Interdiction des licenciements, C’est l’unité de toute la classe ouvrière.

La Mutu 17 février : les interventions

Introduction par Marie-Edmonde Brunet, membre du bureau national du POI,

Mesdames et messieurs, chers camarades,
Je vous souhaite la bienvenue à ce meeting appelé par le POI auquel ont été invités des camarades, militants politiques, syndicalistes, de toutes tendances. Je tiens à insister sur le fait que si nous tenons notre réunion dans cette salle de la Mutualité dans laquelle de nombreux camarades présents ce soir se sont retrouvés de nombreuses fois, comme bien d’autres travailleurs de toutes tendances depuis des décennies, c’est que peut-être c’est malheureusement l’une des dernières fois qu’il nous est possible de le faire, ce Palais de la Mutualité étant l’objet d’une vaste opération immobilière.
C’est pourquoi, avec la même opiniâtreté que nous nous battons et nous battrons pour la défense des retraites, comme nous le montrerons ce soir, nos camarades se battent pour préserver ce site, les mutuelles, le centre de santé et les emplois qui y sont liés. Je voudrais vous lire la lettre adressée au maire de Paris, M Delanoë avant-hier soir par la réunion publique avec le POI, le PCF, le PS, le PG, les Verts du 5°-6° à ce sujet, lui demandant de ne pas donner le permis de construire et donc de démolir la Mutualité.

Jean Markun : syndicaliste mine de fer de Lorraine, secrétaire national du POI

Dans le dernier numéro d’Informations Ouvrières, le journal du POI concernant la réforme des retraites, un article nous pose la question : « Pourquoi cette brusque accélération » soulignant la volonté de Sarkozy de réformer les retraites en France ? Le rédacteur de l’article nous démontre que ce n’est pas une question démographique qui motive le projet de destruction mais comme le précise Sarkozy : « Nous avons un grave problème de finances publiques  ». En effet, c’est une vérité : le dossier des retraites n’a rien à voir avec le nombre de personnes âgées et se sont biens les plans d’aide aux entreprises et au secteur financier qui ont creusé le trou sans précédent dont le budget de l’État. Et c’est bien aux travailleurs de ce pays que l’on demande de payer.
Cette question des retraites ne se rencontrent pas seulement en France, elle est posée dans toute l’Europe, en particulier dans les pays les plus en difficulté pour le moment la Grèce par exemple.
Pour vérifier la volonté du gouvernement de détruire l’acquis social, des signaux ont été donnés par Sarkozy en direction de l’Union Européenne, récemment par A. MINC soulignant que la remise en cause des retraites serait un signal fort au monde entier, ce monde entier qui n’est autre que les représentants du système capitaliste et ceux pour qui Martine Aubry émettaient récemment un signal fort dans leur direction, cherchant à rassurer dès à présent patronat et représentant du système.
Nous assistons alors à un scénario politique et syndical qui vise à intégrer les organisations dans une démarche consensuelle qui est inadmissible pour le monde du travail.
En ce qui me concerne, j’ai déjà vécu une même démarche, mais à une échelle plus petite au travers de la destruction du système spécial de retraite des mineurs.
La remise en cause par un gouvernement de gauche en 2000 de notre système nous vaut aujourd’hui comme conséquence un recul du pouvoir d’achat de nos retraites de 28%, soit plus du quart de nos pensions, un recul social encore plus durement ressenti par les veuves du Régime Minier, dont près de 50% d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté !
En 2000, nous avons vécu les mêmes considérations présentes. Toutes les organisations syndicales étaient prêtes à signer la nouvelle mouture de notre système de retraite. Il nous a fallu faire preuve d’une énergie considérable pour éviter la signature de la seule CGT, alors que les 4 autres organisations syndicales signaient ce recul social. Le mécanisme mis en place à ce moment là permettant aux derniers mineurs en activité, de bénéficier d’une reconsidération de leur pouvoir d’achat de 17% ; cet artifice servant à acheter la paix sociale au moment de la fermeture des dernières mines de charbon dans le bassin mosellan.
À plus grande échelle, nous retrouvons présentement les mêmes considérations et les mêmes comportements consensuels.
Nous ne devons pas céder à toutes les considérations d’ordre technique qui font pression sur les travailleurs et l’opinion publique pour expliquer la dite réforme. Le président de la compagnie d’assurance AXA, Denis Kesler, a été clair par rapport à la volonté patronale : « Il faut en finir une fois pour toute avec les acquis depuis la Libération ».
Nous nous devons d’organiser les résistances et dénoncer ce qui fait obstacle à la mobilisation que nécessite une telle situation.
S’il y avait encore quelques volontés de modération de la part du gouvernement pour obtenir le consensus, la période que nous connaissons nous démontre une volonté de passer en force. Il y a peut-être encore l’échéance des élections régionales qui les freinent un peu, mais dès à présent des menaces se font jour, qu’elles viennent de l’Union Européenne ou du FMI. Menaces sur les retraites, il en va de même avec toutes les questions liées à l’emploi, liquidation des entreprises et nouvelle vague de destructions en perspective.
400 000 emplois ont été détruits – Un représentant ministériel s’en félicite, compte tenu que certains avaient pronostiqué le double ? Quelle tristesse, quel cynisme ! Face à ce qui survient, à ce qui se prépare, nous devons, plus que jamais, reprendre notre campagne pour l’interdiction des licenciements.
Le 28 novembre 2009, la délégation de Puteaux avait rassemblé à Paris 240 entreprises en lutte.
Une nouvelle rencontre de cette délégation vient de se réaliser à Paris le 13 février, elle a décidé de produire un nouvel appel pour reprendre et renforcer cette démarche pour l’unité, d’abord aux échelons locaux, régionaux, et aboutir à une nouvelle conférence nationale avant les congés dans la perspective d’une mobilisation unitaire à l’échelle du pays. Elle se propose de doubler le nombre d’entreprises présentes. Ce mot d’ordre a une dimension politique profonde ; il est de nature à rassembler sans préalable des représentants syndicaux, politiques, les partis politiques.
Il correspond à la réalité vécue « en bas », il correspond à l’attente de tous ceux et celles qui cherchent une issue, il tourne le dos au consensus.
Il doit nous permettre de construire une mobilisation unie, à la hauteur exigée par la situation. Il doit nous permettre d’identifier les obstacles, les responsabilités syndicales ou politiques qui empêchent un tel rassemblement. Nous devons mettre en évidence les refus.
Les refus que nous rencontrons favorisent présentement l’engagement des organisations syndicales et politiques dans le cadre des EGI. Nous n’avons rien à faire dans le cercle étroit qui intègre les organisations ouvrières dans Le consensus et le corporatisme qui détruit la perspective d’un véritable changement.
Si les organisations politiques ou syndicales, si tous ceux qui se réclament de la classe ouvrière voulaient bien considérer l’enfermement dans lequel patronat et pouvoir tentent de les mener, Sarkozy ne pourrait se permettre ce qu’il fait.
Si Sarkozy s’autorise à poursuivre sa politique de destruction, c’est bien le consensus de ceux qui se réclament de la classe ouvrière qui le lui permet.
En ce qui me concerne, les organisations syndicales n’ont rien à y faire dans les discussions calendaires avec Sarkozy. Rien à faire dans EGI. Il ne faut pas y aller. Nous n’avons pas à nous enfermer dans un débat où il faudrait choisir entre ce qui est acceptable ou ce qui ne l’est pas.
Plus que jamais, non au consensus, ne touchez pas à nos retraites et unité pour l’interdiction des licenciements.

Christel Keiser, membre du bureau national du POI, responsable de la commission internationale,

J’ai été mandatée par le secrétariat permanent du POI pour participer à la délégation qui s’est rendue en Grèce la semaine dernière pour aller à la rencontre des travailleurs et militants, en particulier lors de la manifestation appelée par la confédération des fonctionnaires grecs Adedy le 10 février.
Nous avons proposé à différents militants ouvriers grecs de prendre la parole à ce meeting. Malheureusement, cela n’a pas été possible en raison de la préparation de la grève générale du 24 février prochain. C’est pourquoi je pends la parole ce soir.
Et je commencerai par vous lire le message de Themistocle KOTSIFAKIS, l’un des responsables d’OLME, la fédération des syndicats de l’enseignement, affilié à Adedy :

« La situation en Grèce après les dernières élections est marquée par une offensive sans précédent contre les travailleurs. Le nouveau gouvernement du PASOK, obéissant aux injonctions de l’Union européenne, attaque nos droits : coupes dans nos salaires et nos retraites, augmentation de l’âge de départ à la retraite, remise en cause de notre système de sécurité sociale, allant dans le sens de sa privatisation. Concernant les retraites des fonctionnaires, l’Etat se désengage en ne nous garantissant plus qu’une part minimale des pensions.
Mais la classe ouvrière grecque s’est dressée contre cette politique, comme elle l’a montré dans la grève des fonctionnaires le 10 février, et nous sommes déjà engagés dans la préparation d’une grève générale le 24 février, à l’appel des organisations syndicales, ADEDY dans la Fonction publique et GSEE dans le privé.
Nous cherchons à réaliser l’unité la plus large des travailleurs pour mettre en échec cette politique. Une fois de plus, c’est aux travailleurs que l’on demande de payer les conséquences de la crise mais nous disons : les travailleurs ne sont aucunement responsables de cette crise. Cette crise a été provoquée par les banques et les grandes entreprises, par une politique au service des banques, menée par les gouvernements, l’ancien comme l’actuel, l’un comme l’autre se soumettant aux exigences de l’Union européenne. Nous nous adressons particulièrement aux travailleurs des pays membres de l’Union européenne, dont les droits sont également menacés par la même politique : il est temps de nous unir et de combattre ensemble contre ces attaques ! 
 »

Cet état d’esprit, nous l’avons retrouvé chez tous les travailleurs, délégués et responsables syndicaux que nous avons interviewés dans la manifestation du 10 février, qui a rassemblé des milliers de travailleurs.

Tous disent : «  On ne veut pas payer encore une fois les conséquences de la crise. Ce sont les responsables de la crise, les banquiers, les entreprises et les capitalistes qui doivent payer  ».

Tous disent : «  Nous savons que dans toute l’Union européenne, des réformes des systèmes de sécurité sociale et de retraites sont engagées. Mais ce n’est pas en augmentant l’âge de départ en retraite que l’on va régler le problème des retraites. C’est pour cela que nous sommes en grève aujourd’hui, et que nous serons à nouveau en grève générale le 24 février avec les salariés du secteur privé. »

Tous disent : « Le plan se stabilisation du gouvernement grec répond totalement aux exigences du Pacte de stabilité européen. "

Tous disent : « Nous sommes parfaitement conscient que ce qu’a décidé le gouvernement grec, c’est mot pour mot ce que l’Union européenne lui a dicté. Mais nous dénions à ces institutions le droit de décider de nous plonger dans la déchéance  ».

Le problème auquel sont confrontés les travailleurs grecs est que ce gouvernement est un gouvernement du Pasok, le Parti socialiste grec, c’est-à-dire un parti qui en principe est sensé défendre les intérêts des travailleurs. Or, là, il prend en charge tous les plans contre la classe ouvrière et ceci a évidemment des conséquences au sein même des organisations syndicales (je vais y revenir).

Ce qui était frappant dans la manifestation du 10 février, c’était les nombreuses banderoles sur lesquelles on pouvait voir le drapeau européen barré et des mots d’ordre contre le pacte de stabilité de l’UE.

Nous avons rencontré des syndicalistes au siège de la confédération Adedy qui nous ont expliqué la chose suivante : «  Nous sommes favorables à l’abrogation du Pacte de stabilité et du traité de Maastricht. Nous avons conscience que les plans qui sont expérimentés aujourd’hui en Grèce et dans les « PIGS » seront généralisés à tous les persopays demain ». Je précise que PIGS signifie cochons et que c’est le nom donné par les médias britanniques au Portugal, à l’Irlande, parfois à l’Italie en fonction des agences de notation, à la Grèce et à l’Espagne.

Nous sommes là au cœur des problèmes.
Depuis des années, tous les gouvernements européens – y compris les gouvernements de gauche – se plient aux injonctions de l’Union européenne qui exige aujourd’hui de la Grèce les mesures les plus brutales contre les travailleurs.
Mais la situation en Grèce aujourd’hui marque le franchissement d’une étape dans la manière dont tous les pays sont soumis à la dislocation par l’Union européenne avec l’autorisation donnée aux grands groupes financiers nord-américains de pratiquer une spéculation honteuse sur le dos des travailleurs !

Le plan adopté en commun par le gouvernement grec et l’UE prévoit une baisse des salaires des fonctionnaires de 10 à 20 %, l’augmentation de l’âge de départ à la retraite de 65 à 67 ou 68 ans, le non remplacement de 4 départs en retraite sur 5 dans la fonction publique, la mise en place d’une taxe de 10 à 15 centimes d’euro par litre de carburant, des coupes dans les dépenses publiques, toutes ces mesures visant à faire payer la dette du pays aux travailleurs grecs.

Mais les institutions européennes exigent encore davantage.
J-C Trichet, président de la BCE, a demandé à la Grèce de « corriger sa trajectoire aberrante  ». Les ministres des finances de l’Union européenne se sont réunis hier et avant-hier. Ils ont jugé que le programme du gouvernement grec était insuffisant. Il faut, disent-ils « davantage de mesures concrètes pour que le pays regagne de la crédibilité sur les marchés ». Il faut en particulier plus de coupes dans les dépenses et augmenter la TVA.
Ils ont fixé deux échéances : le 15 mars pour évaluer les progrès de la Grèce et le 15 mai pour prendre de nouvelles mesures si cela s’avère nécessaire.
Ils « appellent en conséquence la Grèce à concevoir et mettre en œuvre dès que possible, à compter de 2010, un dispositif de réformes structurelles global et audacieux. Il doit définir des mesures spécifiques couvrant les salaires, la réforme des retraites, la réforme de la santé, la fonction publique, etc. ».
Et on apprend que la Commission européenne sera à Athènes dans les prochains jours avec des experts de la BCE et du FMI pour vérifier la mise en place du plan.

Et pour faire passer cette politique, le gouvernement grec a besoin du soutien des directions des organisations syndicales.
Dès le début du mois, le premier ministre socialiste Papandréou a appelé à je cite « l’union du patronat et des travailleurs ».

Cela n’est pas sans rappeler certains responsables du Parti socialiste en France qui se sont prononcés pour un consensus sur la question des retraites.

Quand nous sommes arrivés au siège de la fédération des syndicats des enseignants pour interviewer des responsables, se tenait la commission exécutive du syndicat. Même si nous ne comprenons pas le grec, nous avons compris au ton et au niveau sonore que l’appel à la grève générale du 24 février provoquait un vif débat au sein de la direction du syndicat ! Et ce débat, c’est celui de l’indépendance ou non des organisations syndicales, vis-à-vis du gouvernement et du parti au pouvoir.

Comme nous l’ont expliqué plusieurs militants syndicaux, au sommet des organisations, le lien entre la direction du PASOK et l’orientation de certains dirigeants syndicaux a des conséquences sur le positionnement des confédérations. A plusieurs reprises, ces militants ont évoqué l’existence de pressions de la part des directions des partis, et en particulier du Pasok, qui voudraient imposer le consensus aux directions des organisations syndicales.

Par ailleurs, la direction de la confédération syndicale des salariés du privé, GSEE (dont la direction est proche du PASOK), n’appelait pas à la grève. Quant à la « fraction syndicale » du Parti communiste, PAME, elle appelait à un rassemblement distinct. Il fallait donc faire obstacle à la réalisation de l’unité des travailleurs grecs. Mais de manière contradictoire, l’aspiration profonde des travailleurs à l’unité a aboutit à ce que les deux cortèges se rejoignent et à un appel commun Adedy/GSEE à la grève générale le 24 février.

Ajoutons que c’est dans ce contexte que la CES prône « la création d’une agence de notation européenne » et qu’elle invite les ministres des finances à « concevoir des plans permettant de redonner à l’UE la crédibilité dont elle a tant besoin ».

Donc en Grèce comme en France se posent certes sous des formes différentes, la question centrale de l’indépendance du mouvement ouvrier par rapport à l’Union européenne, aux gouvernements et aux partis.

Bien évidement, la situation en Grèce et dans toute l’Europe pose la question du combat d’ensemble des travailleurs et de leurs organisations.
Nous avons commencé à réfléchir dans le cadre de l’EIT, et dans le cadre de la préparation de la CMO qui aura lieu à Alger en novembre prochain, à l’organisation d’une conférence européenne qui pourrait rassembler tous les militants qui refusent les diktats de l’Union européenne et le consensus qu’on voudrait imposer à leurs organisations, qui refusent de se voir dépouiller de tout pour rembourser les spéculateurs.
C’est une réflexion qui doit se poursuivre.

Réunis ce soir à La Mutualité à Paris, dans un meeting à l’initiative du POI sur les mots d’ordre : « ne touchez pas à nos retraites, non au consensus ! », nous pouvons affirmer que le combat des travailleurs et militants grecs contre le plan de stabilisation et la politique d’accompagnement que le gouvernement grec et l’Union européenne veulent leur imposer, le combat pour l’unité de la classe ouvrière grecque, rejoignent le combat dans lequel nous sommes nous-mêmes engagés en France pour le refus du consensus et l’exigence d’aucune réforme des retraites. Nous sommes convaincus que la mobilisation dans l’unité sur les revendications est le seul moyen de faire reculer le gouvernement grec et l’Union européenne. Leur mobilisation est une aide pour les travailleurs français et ceux de toute l’Europe.
C’est le message que nous pouvons adresser ce soir aux travailleurs et militants grecs.

Jacques Aurigny, militant syndicaliste de l’Education nationale :


Je suis militant de la Fédération syndicale unitaire, et membre également du Parti communiste dans le 5° arrondissement. La FSU vient de tenir son congrès à Lille, du 1er au 5 février. Bien évidemment il a été question de la réforme des lycées, de la formation des enseignants, des suppressions de postes — plus de 16 000 suppressions de postes en 2010 rien qu’à l’Education nationale — qui s’ajoutent aux milliers effectuées ces dernières années. Les conséquences de ces suppressions de postes, on les voit aujourd’hui notamment dans l’Académie de Créteil, avec un manque évident de personnel pour s’occuper des jeunes dans l’ensemble des établissements scolaires, avec les problèmes que ça pose aujourd’hui, avec les mobilisations qui ont commencé dans un nombre croissant d’établissements.
Il y a eu tous ces débats, mais il y a bien évidemment un débat important sur les retraites, puisque c’était un sujet majeur. Dans ce congrès, nous avons vu de toutes parts des syndicats nationaux, des sections départementales, venir une exigence forte : « Pas touche aux retraites ». Nous n’accepterons pas de nouvelles remises en cause. Dans le congrès de la FSU, le débat a porté sur la formulation de la revendication de la défense unitaire des retraites. Dans quel contexte sommes-nous. Faut-il rappeler en France l’attachement à la retraite à 60 ans ? C’est l’expression d’un sondage Humanité-CSA du 25 janvier qui nous apprend que 79 % des Français partiraient à 60 ans ou avant s’ils avaient le choix. De même dans le cadre de la préparation de son congrès, la FSU avait commandé un sondage via Voice fait entre le 6 et le 14 janvier. A la question pour quel type de revendication seriez-vous prêt à vous mobiliser dans les mois à venir, 39 % des salariés citent les retraites. Et on apprend aussi que 79 % des salariés considéreraient comme justifié un appel unitaire des principaux syndicats pour défendre l’emploi, les salaires et les acquis sociaux. Une fois de plus les menaces se précisent. Le gouvernement cache mal ses intentions au lendemain des élections régionales. Un nouveau plan de remise en cause des retraites, en reculant l’âge des retraites, en reculant l’âge de départ, en diminuant le montant des retraites, en modifiant les modalités de calcul des retraites. La motion adoptée par le congrès de la FSU est très claire. Je vais vous en lire quelques extraits.
« Retraites : la FSU appelle à se mobiliser.
Le Congrès national de la FSU réuni à Lille du 1er au 5 février 2010 appelle les personnels de la Fonction publique à se mobiliser pour défendre avec l’ensemble des salariés, les retraites par répartition, et empêcher toute nouvelle régression. Aujourd’hui, pour l’ensemble des salariés, le gouvernement envisage de reporter l’âge légal de départ à la retraite. Pour les fonctionnaires, il envisage également de dégrader encore les pensions en supprimant la référence des six derniers mois dans le calcul du montant des pensions. La FSU réaffirme la défense des 37,5 annuités, des 75% du dernier traitement comme base de calcul, et les six derniers mois pour le calcul de la retraite.
La FSU, première organisation de la Fonction publique, s’est prononcée dans son congrès contre toute nouvelle dégradation des retraites et pour la défense du Code des pensions. Elle s’oppose à l’alignement des régimes de retraite dans le but de cautionner la baisse des pensions, et celle des retraites pour l’ensemble des salariés. Pour la FSU, il s’agit de répondre aux revendications des salariés, pour obtenir une retraite à taux plein et garantir la retraite à 60 ans selon des modalités propres aux différents régimes.
La FSU s’engage à tous mettre en œuvre pour mobiliser les fonctionnaires et agents publics et sera à l’initiative pour combattre toute régression dans le public et le privé. 
 »
De ce point de vue, on ne peut que s’étonner de l’appel pour le moins insipide et sans revendications qui vient d’être lancé en vue d’une journée de grève et de manifestations le 23 mars. Nous sommes loin du compte en termes de revendications.
Oui, il faut refuser toute réforme baissant le niveau des retraites et des pensions. Près de 25 millions de salariés ont un intérêt commun pour la défense du système des retraites. Seule la baisse des salaires depuis plus de 20 ans, conjuguée aux exonérations de cotisations sociales du patronat explique les remises en cause des acquis sociaux. Pour la défense des retraites, l’unité la plus large peut et doit se réaliser. Personne ne comprendrait comment il pourrait en être autrement.

Clarisse Delalondre, militante syndicaliste EDF :


Bonsoir. A EDF, vous le savez sans doute, nous avons un régime spécial de retraite. Dans le cadre du statut national du personnel, nous avions un salaire d’inactivité. En fait, nous étions salariés à vie, et ce salaire d’inactivité était payé sur le compte d’exploitation des entreprises nationalisées. Cela ressemblait donc un peu au système des fonctionnaires qui rentrent dans le budget de l’Etat. Mais notre régime spécial a subi deux attaques importantes. La première en 2004-2005, une attaque qui avait pour but de préparer la privatisation d’EDF-GDF en application des directives européennes. Il y a eu alors la création d’une caisse de retraite pour sortir les pensions du Compte d’exploitation. La deuxième attaque, c’est en 2007, au moment de la contre-réforme sur les régimes spéciaux, comme à la SNCF et à la RATP. Et là il faut bien dire que nous avons tous été confrontés à un problème, lorsque Bernard Thibault a appelé à négocier séparément entreprise par entreprise. Cela a été pour nous tous l’alignement sur les 40 annuités. Nous avons perdu notre système de service actif, qui est en fait un système de pénibilité. C’est là aussi que le calcul de la pension est devenu calculé sur les 6 derniers mois de salaire comme pour les fonctionnaires, au lieu du dernier salaire.
Quelle est la situation aujourd’hui ? Alors qu’on vient juste de subir cette contre-réforme annonçant l’alignement sur les 41 annuités pour 2016, on nous parle maintenant d’une nouvelle réforme pour 2011, 5 ans plus tôt. Avec au centre pour les électriciens et gaziers comme pour les fonctionnaires la question des 6 derniers mois. Si on passait à un calcul sur les 25 années, nos pensions pourraient baisser jusqu’à 30 %. C’est inacceptable.
Le fond de l’affaire, ce n’est pas l’espérance de vie, ce n’est pas non plus le soi-disant problème du rapport actifs/pensionnés. C’est l’offensive généralisée qui part de l’UE. Il n’y a qu’à voir ce que le gouvernement a proposé à Bruxelles ces derniers jours pour trouver 100 milliards en s’attaquant à tout notre régime d’assurance sociale, à nos retraites, pour faire payer la dette à tous les salariés, alors qu’on a offert des milliards aux banquiers l’an dernier. De même, ne s’agit-il pas de dire qu’il s’agit de payer les exonérations de cotisation patronales, qui pour nous font que nous payons deux fois, une fois par notre salaire, une deuxième fois sur les impôts.
Nous sommes tous unis pour dire : maintien des régimes spéciaux, pas d’allongement des annuités, maintien du calcul de la pension sur les six derniers mois de salaire. Là à nouveau, on a un problème.
J’étais délégué au 49° Congrès de la CGT en décembre dernier, et bien évidemment je n’interviens pas ici dans le cadre de mon mandat syndical. Dan le congrès, les délégués ont imposé des amendements au texte proposé par la direction confédérale de la CGT, tels que : «  arrêt de l’allongement des annuités, suppression des exonérations de cotisations patronales  », mais aussi «  défense de tous les régimes de retraite  », ce qui inclut bien évidemment les régimes spéciaux. Mais en même temps, la « maison commune des retraites » est restée dans le texte, ce qui soulève beaucoup de questions.
La « maison commune », c’est la marche à un « système unique », un « socle commun », comme le dit Chérèque, qui a dit que dans la maison commune, « on mange tous à la même table ». C’est bien la remis en question des régimes spéciaux, et du code des pensions de la FP. Donc ce que les militants ont fait adopter dans le 49° Congrès est contradictoire avec la « maison commune ».
Mais depuis, dans toutes les interventions des dirigeants, il ne reste plus que la « maison commune des retraites ». Ca pose un problème, comme le communiqué des 5 confédérations syndicales que le camarade vient de citer. On y lit : « organiser une journée qui donne lieu à DES grèves et DES manifestations. On a tous en mémoire les journées d’action et les journées saute-mouton de l’année dernière. Est-ce que c’est ce qu’on nous propose à nouveau ? En plus, il n’y a aucune revendication concrète dans ce communiqué. Ou plutôt si, et c’est le plus gros problème. L’appel dit : « Les organisations syndicales affirment leur volonté d’agir pour que le débat sur les retraites prennent en compte l’ensemble des questions, tant au niveau du privé que du public, notamment le niveau des pensions, l’emploi, le financement, la pénibilité, le Code des pensions et la réduction des inégalités.  »
Si je comprends bien, la seule revendication, c’est qu’il y ait un débat sur la réforme. Mais est-ce que ça correspond à ce que veulent les syndiqués, les salariés ? Je ne pense pas. Et cette demande de débat n’est-elle pas déjà satisfaite par avance ? N’est-ce pas ce qu’a proposé Sarkozy ?
Alors comment comprendre cette proposition ? Comment comprendre que les confédérations disent vouloir mettre en débat le Code des pensions ? Et surtout, pour quoi faire ? Pour maintenir ce Code des Pensions, ou le négocier dans la réforme ? Comment comprendre qu’on dise vouloir mettre en débat l’ensemble des questions, tant au niveau du privé que du public ? Est-ce pour maintenir tous les régimes ? Ou pour négocier un régime unique ?
On nous propose DES grèves, DES manifestations, pour qu’il y ait un DEBAT, pour mettre tout sur la table. De mon point de vue, c’est en totale opposition avec la réaffirmation de nos revendications. C’est pour cela que je me retrouve dans cet appel qui dit très clairement : « Stop, ne touchez pas à nos retraites ». Je crois que l’unité doit se réaliser pour dire : « Stop, aucun nouveau recul ». Le consensus est totalement inacceptable.

Claude Charmont, militant syndicaliste à l’Education nationale :


Camarades,
Peut-être le savez-vous maintenant que la chape de plomb des médias aux ordres se fissure, dans des dizaines et dizaines d’établissements scolaires dans l’Académie de Créteil, les enseignants, le personnel, sont réunis en Assemblée générale, font le lien entre les réformes ministérielles, les suppressions de postes qu’on leur annonce, la recrudescence de la violence. Ils établissent leur cahier de revendications, dans le détail, décide, et le plus souvent la grève dans l’unité avec leurs organisations syndicales, et vont là où ça se décide, au ministère. Vous avez tous entendu parler du lycée Chérioux dans le Val de Marne. Vous savez qu’un élève a été agressé au sein de cet établissement. Les professeurs, les personnels ont décidé d’utiliser leur droit de retrait. Le recteur de Créteil puis le ministre, avec le mépris pour les personnels qui les caractérisent, ont considéré que l’intégrité physique des personnels n’était pas menacée et les a déclaré grévistes. Cette situation n’existe-t-elle que dans le lycée Chérioux. Bien heureusement, il n’y a pas des morts dans tous les collèges, mais je vais vous lire des extraits d’un texte adopté par l’AG des personnels d’un collège de Seine et Marne, de 384 élèves, et qui aura 384 élèves à la rentrée 201O, suite à l’annonce de la suppression de 4 postes :
« La violence pénètre à l’intérieur des locaux : vitres du hall brisées la nuit et remplacées par des planches de contreplaqué depuis plusieurs mois, cloison d’une salle de classe détruite pendant le temps scolaire, vol du matériel informatique, plus de 20 conseils de disciplines l’an passé. Coups de poing entre élèves en classe cette année, intrusion d’une matraque dans une salle de cour, passage à tabac d’un élève par plusieurs autres pendant la récréation, menaces contre une enseignante, invectives contre les surveillants. »
Et écoutez bien ce qu’ils disent ensuite :
Le recours à l’équipe mobile de sécurité du rectorat [vous savez, les gros bras que le rectorat paye pour faire la tournée des établissements au lieu de nommer des surveillants et des personnels sous statut] en janvier dernier n’y arien changé. Son action a plutôt aggravé la situation. Les élèves sortis des cours sont revenus plus perturbés qu’ils ne l’étaient auparavant. Il nous faudrait surtout un second conseiller principal d’éducation. La suppression de 4 postes d’enseignants aboutirait à un sous-encadrement chronique d’élèves amplifiant les phénomènes de violence constatés dans l’établissement.
 »
Ces enseignants ont raison. Les fauteurs de violence, ce sont ceux qui avec leurs réformes, leurs suppressions de postes, la révision générale des politiques publiques, mettent l’école en danger, mettent les élèves et les enseignants en danger.
Ils sont obligés de mentir. Le rectorat annonce dans les lycées 65 suppressions de postes. C’est déjà inadmissible. Mais il a oublié de signaler que la réforme de la formation des maîtres entraîne dans cette même académie 501 suppressions de postes ! Nous avons donc dans cette académie près de 600 postes supprimés !
Les enseignants sont en état de légitime défense. Ils ont raison, dans leurs Assemblée générales, d’établir le cahier de revendications, de décider la grève, d’aller au ministère. Demain, les enseignants en grève de l’Académie de Créteil manifesteront devant le ministère de l’Education nationale.
Une question se pose dans les AG. N’est-il pas temps maintenant de faire une vraie grève, avec une manifestation nationale au ministère, pour le faire céder ?
Pour les retraites, camarades, le gouvernement pratique de la même manière : mensonges, omissions, trucages. Il s’agirait d’en finir avec les privilèges exorbitants dont jouiraient les fonctionnaires. Et pourquoi faudrait-il supprimer ces « privilèges » ? Pour sauver les retraites par répartition. Camarades, les fonctionnaires n’ont pas de retraite par répartition, leur retraite est payée par le budget de l’Etat, conformément au Code des pensions civiles et militaires de l’Etat, cela s’appelle le grand livre de la dette publique. Elle est garantie par le Statut général des fonctionnaires. Ce qu’ils veulent, c’est faire sauter le calcul sur les six derniers mois de salaire.
Si le gouvernement souhaite que les régimes se rapprochent, il devrait par exemple rétablir le calcul sur les dix meilleures années dans le privé, pour s’avancer vers un calcul sur les six meilleurs mois de cotisations !
Cette campagne, camarades, a un objectif. Je ne voudrais pas passer pour un anti-clérical désuet, mais je me souviens que l’Abbé Pierre avait appelé il y a maintenant de nombreuses années à « casser la gueule » aux fonctionnaires. Ils essaient de diviser pour faire passer la destruction de toutes les retraites, de la Fonction publique comme du privé.
Dans nos organisations syndicales, nous avons fait les calculs. Dans le meilleur des cas, la réforme conduira à une baisse d’1/3 des pensions des fonctionnaires, et dans le pire des cas, puisque plusieurs éventualités sont discutées, la retraite baisserait de moitié !
Nous n’acceptons pas que nos retraites soient détruites pour rembourser les milliards versés aux spéculateurs. Nous n’acceptons pas que le statut de la Fonction publique soit cassé pour privatiser. Comme disaient les syndicalistes au début du XX° siècle : « Non à la retraite des morts, unité public-privé !  »

Dominique Maillot, militant syndicaliste, porte-parole du Comité départemental pour l’unité pour l’interdiction des licenciements d’Eure et Loire.


Mes chers camarades,
Je faisais partie il y a un an de la délégation qui a été reçue par différents partis politiques, notamment le Parti communiste, le Parti de gauche, dans le cadre de la préparation de la Conférence de Puteaux pour l’unité pour l’interdiction des licenciements. Rappelez-vous qu’à l’époque, on nous avait fait un certain nombre de promesses et d’engagements. Force est de constater que ces engagements n’ont pas été tenus, et cela a participé à notre avis du fait que 450 000 licenciements ont dégringolé tout au cours de l’année dernière dans el cadre de ce qu’il est convenu d’appeler « la crise ».
Si je prends mon département, cela signifie dans la ville où je suis, Dreux, 27% d’augmentation du nombre de chômeurs en un an (et ensuite on nous parlera du déficit des caisses de retraite !), c’est 30 % d’augmentation du nombre de chômeurs en fin de droits, c’est 50 % d’augmentation du nombre de jeunes chômeurs (et après on nous parlera du déséquilibre natalité par rapport aux gens âgés…)
Cependant, dans ces conditions extrêmement difficiles, vous avez sans doute suivi l’actualité. Il est beaucoup question de Dreux et de Philips. Depuis des mois et des mois, l’AG des salariés de Philips, unie avec ses organisations syndicales FO, CGT et CGC, s’appuyant sur le Code du travail et les procédures encore très contraignantes pour les employeurs de consultation des Comités d’entreprise, s’oppose avec succès au projet de fermeture du site et le met en échec. Dès le départ, le comité départemental pour l’unité pour l’interdiction des licenciements s’est réuni et a fait au mouvement ouvrier une proposition : Pourquoi ne pas faire à Dreux un meeting d’unité de toutes les organisations se réclamant de la classe ouvrière et de la démocratie, pour exiger ensemble le retrait du plan social, le retrait du plan de fermeture de Philips,, qui n’occupe plus que 212 salariés, alors qu’il en occupait encore il y a peu de temps 3500 sur la ville, et qu’il a contribué à l’édification de la ville ?
Le 10 février, Philips a décidé de passer en force, et a envoyé aux 212 salariés une lettre pour les consigner à domicile dans l’attente de leur lettre de licenciement le 26 février, et cela sans même clore la procédure de consultation du Comité d’entreprise. Ce qui est beaucoup plus grave, camarades — car des patrons comme ça on en connaît pas mal les uns et les autres —, c’est le communiqué de dimanche du ministre Estrosi qui saluait le comportement « exemplaire de Philips », en affirmant que l’essentiel n’était plus «  le respect du Code du travail, mais l’effort de réindustrialisation des sites  », vantant l’implantation à Dreux d’un centre d’appel de 300 emplois, prétendument financé par Philips. La réalité, c’est qu’il s’agit d’un centre d’appel de 30 emplois dont 26 en contrats à durée déterminée, où des gens sont déjà harcelés et surexploités avec de nombreux dossiers aux prud’hommes, dans une Zone franche, financé non pas par Philips, mais par M. Borloo, qui est venu à Creux déposer un chèque sur le bureau de Faune marketing l’année dernière, de 450 000 euros, chèque qui n’a bien évidemment été versé ni à l’hôpital, ni à l’école.
Ce même dimanche, mesurant la gravité des propos d’Estrosi, et qu’une opération était en cours, l’UD FO a décidé de référer d’heure à heure afin de faire caser la décision de passage en force de Philips sur le Code du travail, et exiger la réintégration des salariés qui avaient été littéralement « mis à la porte ».
Je voudrais faire une parenthèse qui me paraît très importante : la télévision a mis en avant les histoires des lettres des gens nommés en Hongrie pour le salaire lamentable de 450 euros par mois. M. Thibault est intervenu juste derrière pour dire en résumé : « C’est quand même scandaleux de licencier dans ces conditions là  ». Non, c’est scandaleux de licencier tout court. Et c’est scandaleux qu’un ouvrier hongrois touche 450 euros par mois. Là est le scandale. Et Mme Parisot du Medef ce matin fait une déclaration où elle déclare : « C’est effectivement un peu brutal, méprisant de proposer à un ouvrier français d’aller travailler en Hongrie pour 450 euros par mois. Mais que voulez-vous, ce sont les obligations du Code travail. » Donc il faudrait briser le Code du travail, les règles qui restent encore non pour interdire les licenciements, mais ne serait-ce que les retarder. Ce qu’ils veulent imposer, c’est le licenciement-minute, une situation à l’américaine.
Dans cette situation la résistance des travailleurs de Philips, à laquelle se combine l’action du comité pour l’interdiction des licenciements, a eu un premier résultat. Il y a eu une première déclaration commune du PCF, du POI et du PS de la Ville de Dreux, exigeant le retrait du plan de licenciement. Puis une autre déclaration, émanant de militants du PS, du PG, des Verts, au niveau départemental, sur la même exigence.
Lundi matin, les 212 salariés de Philips n’ont tenu aucun compte du courrier qu’ils avaient reçu et se sont présentés à l’heure sur leur lieu de travail pour l’embauche. Evidemment les grilles étaient fermées, les vigiles étaient là. Et il y a eu l’AG la plus massive depuis le début du conflit. Aucune démoralisation.
Et dans la même journée, nous étions destinataires comme Comité départemental d’un communiqué que nous adressait la Conseillère régionale du PCF, nous disant que la fédération d’Eure et Loire du PCF s’associerait au meeting que nous organisons à Dreux vendredi soir à 20 h 30, dans le cadre de l’unité pour le retrait de ce plan de licenciement. Sur ces entrefaites, l’AG qui s’est tenue à 8 h lundi a ovationné la décision de l’UD FO de porter plainte en référé, et a demandé et obtenu très facilement il faut le dire, que la CGT, le CE, le CCE, se joignent à l’action. Le procès s’est tenu aujourd’hui et nous en aurons le résultat vendredi. Dans la matinée, on a eu un premier communiqué d’Estrosi qui n’était plus tout à fait sur la même longueur d’onde, où il expliquait qu’il prenait des distances avec Philips. Et à 15 heures, on nous a annoncé la visite du président PS du Conseil régional de la région centre, M. Bonnot. Il était à la tête d’un aéropage de militants socialistes, visiblement en campagne, et venu « soutenir le combat des ouvriers de Philips »
Il y a eu un rapide échange dans une salle assez grande pour contenir 50 à 60 salariés, et nous lui avons dit ceci : « M. Bonnot, nous ne sommes pas du tout satisfaits de la position que vous avez prise. Nous vous demandons d’arrêter de tergiverser. Votre courrier à Mme Lagarde est une très bonne initiative. Mais pourquoi utilisez-vous le mot « réindustrialisation » ? Réindustrialisation, cela veut dire désindustrialisation, donc qu’il faut d’abord fermer Philips pour pouvoir ensuite réindustrialiser. Ce n’est pas ce que nous voulons entendre. Nous voulons un mot d’ordre clair : retrait du PSE.  »
A notre grande surprise, M. Bonnot qui ne savait plus trop quoi dire nous a répondu : «  Qu’est-ce que vous voulez que j’écrive ?  » On a pris un stylo. On lui a écrit 4 points. Et le lendemain j’étais destinataire de ce courrier que je vais vous lire parce qu’il est très court, du président de la région Centre. Il dit la chose suivante :
«  Suite à notre entretien, je vous confirme 1° que nous nous opposons fermement au plan social de Philips et ses conséquences ; 2° Que nous demandons son retrait aux dirigeants de Philips, ainsi que l’abandon de tous les licenciements ; 3° Que nous nous opposons à toute délocalisation et que nous demandons le maintien de l’activité de Philips dans ses locaux à Dreux ; 4° que nous engageons sans délai une démarche dans ce sens auprès du ministre Estrosi.  »
Joignant le geste à la parole, M. Bonnot et la vice-présidente du Conseil général se sont mis à deux pour faire une lettre à Estrosi dont je ne vous lirai que le paragraphe clé : «  Nous souhaitons que vous portiez toute votre attention sur ce dossier et que vous veilliez à ce que les dirigeant de Philips reviennent sur leur décision et abandonne tous les licenciements. »
Sur ces entrefaites, à 18 heures, nouveau communiqué d’Estrosi qui va encore un peu plus loin en disant : «  Les organisations syndicales et les fédérations de la métallurgie seront reçues demain à Bercy par M. Estrosi lui-même pour discuter de la situation à Philips Dreux ». Des propositions seront paraît-il faites. Nous verrons bien. L’AG est convoquée vendredi à 15 h 30. Au cours de cette discussion, les dirigeants du PS locaux sont venus me voir en aparté et m’ont dit : « Mais au fait, il paraît que vous organisez un meeting vendredi soir à Dreux pour l’unité. Il semblerait que ce meeting réunisse pas mal de monde. Nous n’avons pas été invités. » J’ai répondu très gentiment : « Il faut dire que vous ne vous êtes pas beaucoup manifestés non plus. De toute façon nous tenons une conférence de presse départementale ce soir, que dois-je annoncer ?  » Réponse : « Tu peux dire que la fédération du PS d’Eure et Loire appelle et sera présente au meeting. »
Ce soir, nouveau communiqué totalement alambiqué de Luc Châtel, porte-parole du gouvernement, qui explique qu’il condamne globalement l’attitude de Philips. La Conférence de presse unitaire a donc eu lieu ce soir à Chartes à 18 h pour appeler au meeting, présidée par le camarade ici présenté Georges Lemoine, membre du BN du POI. Elle réunissait les fédérations d’Eure et Loire du PCF, du PS, du NPA, du PG, ainsi que des syndicalistes et des camarades des Verts 28. Nous aboutissons donc concrètement à un meeting départemental à Dreux pour lequel la salle que nous avons réservée va probablement trop exigu, puisque l’ensemble des fédérations du mouvement ouvrier et démocratique appellent officiellement.
Des camarades nous disaient : «  On n’a jamais vu en Eure et Loire une telle initiative d’unité contre un plan de licenciement depuis 1978 à Châteaudun, contre la fermeture de la société Mécanique GSP.  » Les mesures d’organisation ont pris 5 minutes. Chaque orateur aura un temps de parole de 5 minutes, élu ou non, respect par tous qu’aucune allusion ne sera faite à la campagne électorale en cours, respect par tous du cadre du mandat défini par les ouvriers de Philips en AG de retrait du PSE, et aucune polémique.
Ce meeting sera co-présidé par le camarade Georges Lemoine pour le POI, Sandra Renda des Verts pour le Comité départemental, et Gisèle Karité, conseillère régionale du PCF. Le POI a été officiellement invité à clôturer ce meeting.
Je pense camarades qu’on est au cœur des problèmes et que ce résultat est pour moi la conjonction de la volonté de combat de la classe ouvrière, totalement intacte malgré les coups qu’elle a prise, avec le combat organisé, déterminé, et je dirais audacieux, du POI et des militants de toutes tendances regroupés dans le Comité départemental pour l’unité pour l’interdiction des licenciements.
Ce résultat démontre qu’il y a place dans le pays, sur une orientation d’unité pour l’interdiction des licenciements, de défense des retraites, de défense du Code du travail, qui va devenir de plus en plus une question totalement reliée à la question de l’interdiction des licenciements, il y a une place très importante pour un Parti ouvrier indépendant, pour une conférence nationale de masse au mois de juin pour l’unité pour l’interdiction des licenciements.
Parce que tout le monde comprend que la Grèce c’est bientôt la France, que les bouleversements sont devant nous, et que de plus en plus nombreux, les militants ouvriers refusent, rejettent le consensus, que ce soit sur les Etats généraux de l’industrie ou sur le reste.

Daniel Gluckstein, secrétaire national du POI


Camarades,
Je crois que nous partageons tous ce que vient de dire le camarade Dominique Maillot. Il est évident que ce qui se passe en ce moment à Dreux, même si pour l’instant l’interdiction des licenciements et l’annulation du plan sont loin d’être gagnés, constitue des pas en avant d’une extrême importance. Au delà de Dreux, cela vérifie que la continuité du combat dont nous avons pris l’initiative, mais auquel se sont associés depuis plus d’un an des militants de toutes tendances, pour dire : sur l’exigence de l’interdiction des licenciements, l’unité peut et doit se réaliser. Ce n’est pas un vœu pieux, ce n’est pas une idée abstraite. Les obstacles sont certes considérables, mais comme l’a dit Dominique, la conjugaison entre la volonté de combat de la classe ouvrière et l’initiative déterminée et audacieuse de militants répondant à la proposition du POI même s’ils ne partagent pas ses positions, peut fournir des points d’appui décisifs pour surmonter les obstacles.
Tout le monde comprend que s’agissant de la question des retraites, les travailleurs sont confrontés à une question analogue.
Plusieurs camarades avant moi, notamment Clarisse, ont évoqué l’une de ces questions. Dans l’appel que nous avons lancé et dont ce meeting est une première réalisation, il est écrit : « Nous sommes convaincus que si les confédérations syndicales refusent le piège du consensus, et la prétendue négociation d’une contre-réforme destructrice, ce refus interdirait au gouvernement de faire passer ses projets contre nos retraites. »
Depuis que cet appel a été lancé, nous avons donc appris qu’il y aurait une journée d’action le 23 mars prochain, suite au communiqué commun du 15 février de la CFDT, de la CGT, de la FSU, de Solidaires et de l’UNSA.
Il n’est pas dans nos habitudes, comme parti ouvrier indépendant, de nous immiscer dans les décisions des organisations syndicales. Mais ce communiqué unicitaire soulève bien des questions.
Je lis dans ce communiqué : «  Concernant les retraites, avec un projet de loi annoncé dès septembre 2010, le calendrier reste très serré. » S’agirait-il seulement d’une question de calendrier ? Cela correspond à la volonté de Sarkozy. Il n’a pas caché qu’il voulait quelques mois pour pouvoir associer tout le monde à l’élaboration de la destruction de ces conquêtes arrachées par plus d’un siècle de lutte de classe. Et le communiqué du 15 février poursuit : « Les organisations syndicales affirment leur volonté d’agir pour que le débat sur les retraites prenne en compte l’ensemble des questions, tant au niveau du privé que du public, notamment le niveau des pensions, l’emploi, le financement, la pénibilité, le Code des pensions et la réduction des inégalités. » Qu’est-ce que cela veut dire ? Mettre en débat l’ensemble des questions, c’est précisément ce que demande Nicolas Sarkozy.
Il y a deux manières de prendre le problème. Si l’on pose les questions, par exemple, « au niveau du privé et du public », ne faut-il pas dire, du point de vue des intérêts ouvriers : abrogation des lois Balladur de 1993 pour permettre aux travailleurs du privé de revenir aux dix meilleures années pour le calcul de la retraite ? L’autre méthode consiste, après avoir dégradé les retraites des travailleurs du privé, à vouloir casser le système de pension des fonctionnaires. Ne faut-il pas commencer par dire cela clairement ?
Et le niveau des pensions ? Qu’y a-t-il à débattre ? Celui-ci est dépendant du nombre d’annuités nécessaires pour bénéficier d’une retraite à taux plein, et de la base des salaires. Ne faut-il pas dire nettement : non à tout nouvel allongement des annuités, maintien des six derniers mois pour le public, retour aux dix meilleures années pour le privé ? Et le Code des pensions ? Il y a également deux manières d’aborder le problème. Ou dire nettement : le Code des pensions est partie constitutive du statut des fonctionnaires ; les pensions des fonctionnaires sont une dette de l’Etat, qui est intangible. Ou bien commencer à débattre avec Sarkozy sur la remise en cause d’une partie du Code des pensions, permettant de le démanteler.
Quant à la réduction des inégalités, faut-il dire défense et rétablissement plein et entier des régimes spéciaux, avec l’ensemble des garanties arrachées par la lutte de classe ? Faut-il dit : les travailleurs du privé doivent retrouver leur droit ? Ou faut-il entrer à nouveau dans un processus de nivellement par le bas et de destruction ?
Camarades, on comprend bien qu’un appel qui ne répond pas à ces questions, qui propose simplement d’exiger l’ouverture d’un débat, pose problème. Comme l’a dit Clarisse, c’est quand même la première fois qu’il existe un appel intersyndical dont les revendications sont satisfaites avant même d’avoir été exprimées. Le débat aura lieu, Sarkozy s’y est engagé. Il va discuter avec tout le monde. Mais tout le monde sait dans quel sens il va discuter. Dans le sens où au bout du compte, « légitimé » par un débat apparent, la démocratie ayant été « respectée », tout le monde ayant été « écouté », on frappe.
Par conséquent l’unité des organisations syndicales pour « demander un débat » ne répond pas au problème. La seule unité qui vaille, c’est celle pour dire : « Maintien de l’ensemble des garanties des régimes de retraite ». Et il faut poser la question : « Pourquoi faudrait-il entrer dans un débat sur les retraites ? » Apparemment c’est une évidence, « il faut débattre », il faut « faire des propositions ». Des camarades se voient parfois répondre par des responsables : « Il ne faut pas se contenter de s’opposer il faut proposer. » Un communiqué du PCF il y a trois jours dit : «  On ne peut pas se contenter de faire de la résistance, il faut faire des propositions alternatives  ».
Au risque d’aller à contre-courant, camarades, nous sommes en droit de dire que du point de vue de la classe ouvrière, rien ne justifie le moindre débat, la moindre « contre-proposition », le moindre semblant de « concertation ». Pourquoi ? Il suffit de lire le journal Le Monde, qui se laisse aller parfois à dire quelques vérités, pour le comprendre. Je lis en première page du Monde d’hier soir : « Les Etats sont soucieux de ne pas inquiéter les marchés, en témoigne en France la réforme des retraites, qui est un signal de bonne gestion envoyé aux investisseurs internationaux.  » Là il n’est plus question de démographie. Ce n’est parce que les gens vivent trop vieux, ou qu’il y a déficit. Non. Les marchés exigent, le gouvernement exécute, et nos retraites doivent passer à la moulinette. Le Monde continue : « Les marchés jugent avec inquiétude la solvabilité des Etats qui ont sauvé l’économie privée, mais au détriment d’un endettement public colossal. Sous la pression des marchés, les gouvernements se voient contraints [ils pourraient refuser] d’annoncer des mesures d’austérité. » Le gouvernement Sarkozy, le gouvernement Papandréou sont contraints par les marchés. Outre qu’on ne voit pas pourquoi ils y sont contraints, cela pose une question. Qu’est-ce que c’est, les marchés ? C’est un terme poli pour dire « les capitalistes, les spéculateurs, les fonds de pension ». Ce sont ceux qui ont reçu plus de 2000 milliards d’euros l’an passé des gouvernements capitalistes et qui les ont investis dans la spéculation.
Selon « Le Monde » ce sont des fonds de pension, des fonds spéculatifs qui détiennent la somme difficilement imaginable de «  50 000 milliards de dollars de dettes des Etats  ».
Autrement dit les Etats du monde entier doivent 50 000 milliards de dollars aux « marchés ». Pour comprendre ce que ça représente en France, « L’Etat français doit 1500 milliards de dollars aux marchés. Les 2/3 sont directement détenus par des fonds de pension spéculatifs. Le seul service de la dette (c’est-à-dire les intérêts versés chaque année par le gouvernement français pour cette dette) représente 45 milliards d’euros. C’est le deuxième budget de l’Etat derrière l’Education nationale. C’est l’équivalent de la totalité de l’impôt direct perçu par l’Etat français chaque année. »
C’est donc pour cela. Pour rembourser ces 45 milliards, pour satisfaire aux « besoins du marché », que nos retraites doivent « passer à la casserole ». Et vous vous souvenez que M. Sarkozy parle de 30 milliards d’euros de manque à gagner pour l’ensemble des régimes de retraite. Outre qu’on ne sait d’où ils sortent, ces 30 milliards sont inférieurs aux exonérations de paiement des charges à la Sécurité sociale chaque année. C’est beaucoup moins que les 45 milliards d’euros payés au titre du « remboursement de la dette » aux fonds de pension. Et c’est pour cela qu’il serait absolument impossible de prendre la moindre initiative pour garantir l’emploi par la nationalisation de Philips, ou des Chantiers navals de St Nazaire, dont les syndicats demandent la renationalisation ? C’est pour payer ces 45 milliards que nos enfants se font assassiner dans les écoles faute de pions, que l’on supprime les postes d’enseignants, qu’on va passer de 38 à 11 établissements hospitaliers dans l’Ile de France, qu’on liquide hôpitaux, maternités, crèches… ? C’est pour payer ces 45 milliards aux capitalistes, aux spéculateurs qui en ont déjà reçu des milliers l’an dernier, que les jeunes devraient se voir refuser tout avenir, tout travail, toute perspective ?
Qui gouverne ce pays ? Sarkozy ? L’Union européenne ? Ils participent à ce gouvernement, c’est sûr. Mais fondamentalement, comme des exécutants qui acceptent de se faire les instruments de ces « marchés », de la classe capitaliste qui, avec l’avidité qu’on lui connaît, exige comme retour sur investissement que la France, comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne soient pillées. Et comme le dit ouvertement le journal Le Monde, pour faire ce pillage, il faut mettre en cause nos retraites, et pas seulement les retraites. Aussi les Services publics. Les salaires.
Tout le monde dit ouvertement à présent : Un nouveau plan de rigueur arrive. Honnêtement, les travailleurs avaient le sentiment de le subir déjà, dans tous les domaines, depuis plusieurs années. Il y a un nouveau plan, donc une aggravation sans précédent. Tout ça pour quoi ? Pour rembourser la dette. Une dette qui a été créée précisément pour financer les spéculateurs ! C’est un système extraordinaire. L’Etat emprunte pour renflouer les capitalistes, les capitalistes utilisent cet argent pour spéculer, comme produit de cette spéculation, ils exigent plus d’intérêts de remboursement, et bien évidemment on se retourne vers la classe ouvrière et la jeunesse pour dire : C’est vous qui allez payer.
Camarades, il est clair qu’une solution conforme à la démocratie, aux intérêts du peuple, exigerait de dire tout simplement : « Non à la rigueur, non au gouvernement des fonds de pension et des spéculateurs, non à la dette qui étrangle les peuples, interdiction des licenciements, ne touchez pas à nos retraites, et non à l’Union européenne ». C’est un tout. Ce sont nos positions comme Parti ouvrier indépendant. On peut les approuver ou non. Mais une chose est claire : les mots d’ordre minimum de défense de la classe ouvrière et de la démocratie, ceux sur lesquels l’unité devrait se réaliser ne sont pas aujourd’hui pris en compte — il s’en faut de beaucoup — par ceux qui, loin de s’opposer à la politique du gouvernement, contribuent à légitimer le prétendu « débat », la prétendue « concertation » qui permet de préparer les conditions de la liquidation des retraites.
François Hollande il y a quelques jours, face à Xavier Bertrand à la télévision, a dit : « Oui, il faudra bien augmenter la durée des trimestres cotisés ». Benoit Hamon, porte-parole du Parti socialiste, a dit : « Si on garantit l’âge légal de la retraite à 60 ans, pour le reste nous sommes prêts à discuter. » Le Parti communiste a dit : « On ne peut pas se contenter de faire de la résistance ». Ou encore Bernard Thibault dit : «  La réforme est indispensable, personne ne le conteste  ».
Eh bien si. Il faut dire nettement et fraternellement au camarade Bernard Thibault : « Au contraire, il y a tout lieu de contester le caractère indispensable de la réforme des retraites. Les travailleurs sont fondés à dire : aucune réforme des retraites. »
La difficulté, c’est que tous ceux que je viens d’évoquer appellent au 23 mars, le PS, le PCF… Disons-le clairement, et ce n’est pas s’ingérer dans les affaires syndicales que de le dire : en l’état actuel des choses, sur ces mots d’ordre, dans ces conditions, ce 23 mars est une journée des dupes. C’est une manière d’appeler à manifester sur différents sujets pour en réalité accompagner le processus par lequel tout le monde serait dans la nasse d’une prétendue discussion.
Le scénario est prêt. On va manifester en mars, discuter en avril, discuter en mai, discuter en juin, discuter en juillet, discuter en août, au mois de septembre on va constater qu’on n’est vraiment pas d’accord mais qu’on a discuté sérieusement , qu’on a pris en compte telle ou telle remarque de tel ou tel parti politique ou telle ou telle organisation syndicale sur telle ou telle question particulière. Maintenant, il faudra bien « faire des sacrifices », surtout que d’ici septembre il y aura encore des centaines de milliers de licenciements supplémentaires, de nouvelles « pressions des marchés « … Et en septembre, muni de ce débat général, on dira : « Voilà ce qu’on va supprimer ».
Camarades, c’est là un scénario qu’il faut par tous les bouts contribuer à déjouer. Il y a ces dispositions au sommet des organisations, c’est vrai. Et puis il y a les militants de toutes tendances qui partagent ce qui est le point de vue de bon sens ouvrier le plus élémentaire : il faut bloquer tout cela. Et pour cela, il ne faut pas tourner autour du pot : Il n’y a place pour aucune discussion, aucune négociation, il n’y a rien à remettre en cause, c’est la base de l’unité. Et ce qui se passe à Dreux sur Philips ouvre de toute évidence, sur la question des retraites comme sur le reste, la voie qu’il est possible et nécessaire de suivre. Ce meeting est le premier d’une série de meetings et réunions publiques que le POI a pris l’initiative de convoquer dans toute la France. A pris l’initiative ne veut pas dire que ces meetings et réunions publiques sont la propriété exclusive des militants du POI. Nous comprenons parfaitement que dans cette salle comme dans les autres réunions, il y a des camarades, des militants, des travailleurs, des jeunes qui ne sont pas au POI — qu’ils n’hésitent pas à le rejoindre — mais quel que soit leur point de vue, ils peuvent prendre en main la campagne pour l’unité pour sauver les retraites. Ce n’est pas secondaire. Chacun d’entre vous peut prendre cet appel, le faire circuler, le faire discuter, le faire signer, dans son milieu de travail, dans son atelier, dans son école, dans son quartier, peut provoquer la discussion sur : « Pourquoi faudrait-il débattre « la remise en cause de nos retraites » ? » Il peut aider à répondre aux arguments et forger, maillon par maillon, la chaine de l’unité pour sauver les retraites et sauver la classe ouvrière.
En faisant cela, chacun d’entre vous peut toucher d’autres travailleurs et militants. La bataille ne fait que commencer à l’intérieur même des organisations. Chacun peut discuter avec des militants de son syndicat, d’un autre syndicat, d’un autre encore, d’un autre parti qu’on va voir fraternellement, pour dire : Qu’est-ce qu’on fait ? On les laisse faire ? On les laisse nous engluer dans ce prétendu débat ? Ou on pose les problèmes clairement : « Non au consensus, ne touchez pas aux retraites » ?
Nous pouvons tous être les artisans d’une bataille par laquelle par en bas, les travailleurs peuvent déjouer le consensus, alerter, informer. Instinctivement, l’immense majorité des travailleurs ne veulent pas qu’on touche aux retraites. Les sondages cités sont clairs. Mais les travailleurs peuvent être désorientés par des discours de leurs propres dirigeants. Si nous aidons à ouvrir une perspective, ils peuvent très rapidement contribuer à modifier la donne. Et plus que cela, nous pouvons faire remonter publiquement ces signatures et publier sur les localités, les entreprises, des appels de militants de toutes tendances disant : nous sommes d’accord sur cet appel, contre le consensus, nous appelons les dirigeants à refuser tout consensus
Dans les assemblées de service, les syndicats, les entreprises, sous toutes les formes, nous pouvons remettre en cause ce consensus, pour forger l’unité de la classe ouvrière. Pas un travailleur n’a d’illusion sur le fait que la solution à ses problèmes va passer par les élections régionales. Et en même temps, on a parlé de Philips, on voit ce qui se passe à Total, à Dunkerque, à Ikéa, dans l’enseignement … Ce n’est bien évidemment pas la grève générale. Mais il y a une effervescence qui rejoint ce qui se passe en Grèce. Car quelles que soient les manœuvres au sommet, à un moment trop c’est trop. Les enseignants de Chérioux, les travailleurs de Total sont une indication de quelque chose qui mûrit dans toutes les couches de la classe ouvrière.
La lutte de classe n’a pas dit son dernier mot. L’issue viendra de la lutte de classe unie. Donc rien ne permet de dire que ce qui est possible à Dreux ne soit pas possible à tous les niveaux pour bloquer la destruction des retraites. Ce meeting peut et doit être le point de départ d’un élargissement de cette campagne, dans l’objectif ambitieux, mais que nous revendiquons, d’aider des millions à voir clair dans les enjeux posés, et à partir de leur propre engagement, leur propre mobilisation, d’imposer comme une solution pour toute la classe ouvrière : « Ne touchez pas à nos retraites, aucun aspect de nos retraites, aucun régime de retraite, non au consensus. »

Le meeting s’est conclu sur le chant de l’Internationale.

1 780 euros ont été collectés pour aider au financement de la salle et les participants ont emporté avec eux 15 000 tracts pour diffuser dès le lendemain sur les lieux de travail, sur les marchés, en famille…

23 Janvier : pour le retrait de toutes les troupes d’Afghanistan.

Samedi 23 janvier,dans le cadre d’un appel de plusieurs organisations, le POI a manifesté à Paris sur ses mots d’ordre :

- pour le retrait de toutes les troupes d’Afghanistan

- pour le droit du peuple afghan a disposer de lui même.

Cortège fourni, les comités de la Region parisienne ont mobilisé malgré l’absence des délégués aux 2eme Congres
Pierre Jeanneney et Carine Weber représentaient le Bureau National du POI et Pierre a pris la parole :

"Je suis mandaté pour prendre la parole au nom de la direction nationale du Parti Ouvrier Indépendant qui comme vous le savez, participe en ce moment au Congrès du parti qui se tient depuis hier et jusqu’à demain, porte de Charenton et qui s’excuse donc auprès de vous de ne pas être présente à vos cotés dans les rues de Paris.

"C’est toujours avec le même plaisir que je constate que dès que l’on vous demande de montrer votre colère devant l’inconséquence des princes qui nous gouvernent, vous répondez présent… et en nombre.
Régulièrement les médias nous informent que des citoyens français meurent en Afghanistan. Ces jeunes gens auraient été envoyés là-bas « pour défendre la démocratie contre la menace du terrorisme ». Ainsi la démocratie ce serait les « boys » de l’OTAN regroupés sous la bannière de l’Organisation des Nations Unis dont les français sont l’un des contingents ! Et le terrorisme ce serait eux, les barbus en costume traditionnel qui obligent leurs femmes à porter la bourka, ces intégristes, ces talibans qui veulent asservir le peuple afghan ! J’ai bien peur qu’une fois de plus on nous raconte des histoires. Nos « boys » ce sont des troupes d’occupation qui n’hésitent pas comme toutes les troupes d’occupation à mettre le pays à feu et à sang… qui bombardent des mariages… qui malheureusement massacrent… et dont certains soldats meurent tout aussi malheureusement loin de chez eux.
En face l’intégrisme religieux est évident… il ne nous trompe pas… nous, dont le prince régnant nous rappelle sans arrêt que notre tradition est le produit du christianisme, cette religion de soit disant bonté qui a permis de commettre les crimes les plus odieux de l’histoire ! Qui s’est permis parmi tous les criminels de l’humanité de hurler devant Béziers « Tuez les tous et Dieu reconnaîtra les siens » déclenchant ainsi le massacre de milliers d’hommes armés, mais aussi d’hommes désarmés, de femmes et d’enfants ? Le représentant de ce souverain pontife qui par ailleurs prône la bonté et la fraternité entre les hommes de bonne volonté ! Alors l’hypocrisie et la perversité des talibans, nous imaginons. Nous savons que les religions ne sont pas seulement l’opium du peuple qui l’endort et lui permet de supporter l’exploitation de ceux qui se sont alloués les commandes, mais que ces religions font aussi appel à nos plus mauvais instincts, ceux qui nous viennent de l’époque où nous étions encore des animaux… le racisme… la xénophobie… le rejet des différences… l’ancestral sentiment de supériorité du mâle sur la femelle. Alors nous condamnons ces intégristes qui veulent imposer leurs croyances et nous sommes persuadés que la seule défense des peuples est d’imposer la laïcité dans leur pays… la vrai laïcité, celle qui dit que dans l’espace public il est interdit de faire du prosélytisme et même d’exposer des principes religieux, mais que dans l’espace privé toutes les pratiques sont permises… pour les musulmans comme pour les catholiques… ou les adorateurs du nombril. C’est ce que nous pensons. Alors nous posons la question : de quel droit les forces de l’Atlantique Nord qui se sont sans doute égarées, bivouaquent-elles au pays des Pachtounes et pourquoi les Nations Unies tiennent tant à mettre en place un « programme de reconstruction » qui n’aura d’autre but que de faire marcher les affaires des « industriels » comme disait Anatole France ? Uniquement du droit du plus fort et du droit du business ! Nous pensons comme tous les démocrates que le peuple afghan doit pouvoir disposer de lui-même ! Nous pensons que le peuple afghan est capable de se gérer lui même ! Nous pensons que le peuple afghan doit pouvoir disposer d’un gouvernement honnête qu’il aura choisi lui-même et qui ne sera pas le fantoche des businessmen multinationaux ! Nous pensons que le peuple afghan doit pouvoir disposer des moyens lui permettant de lutter contre ceux qui lui veulent du mal ! Nous pensons que le peuple afghan, si on le laisse faire est capable de mettre en place des lois qui protègent équitablement toutes les composantes de sa population !
C’est pour ces raisons que le Parti Ouvrier Indépendant dénonce la stupidité et l’inanité de l’intervention militaire en Afghanistan, demande le retrait immédiat de toutes les troupes stationnées dans ce pays, rappelle le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et refuse tout plan de reconstruction destiné à générer des profits pour les entreprises capitalistes au détriment du peuple Afghan.
C’est pour envoyer ce message à nos dirigeants égarés que vous êtes venus et je vous en remercie encore."

P. Jeanneney au nom du POI, à la manifestation du 5/12 pour le retrait immédiat des troupes d’occupation en Afghanistan

Chers camardes

Le POI a manifesté aujourd’hui contre la guerre en Afghanistan et pour le retrait des troupes de Françaises et étrangères en Afghanistan.
Ces jours derniers un pas a été franchi dans l’escalade à la guerre.
La décision d’Obama d’envoyer 30 000 soldats supplémentaires a été saluée par les dirigeants de l’Union européenne qui ont assuré je site « quelle était prête à travailler en étroite collaboration avec les Etats unis et d’autres partie de la communauté internationale pour relever les défit en Afghanistan ».
Encouragé par ce soutien le général américain à la Défense Robert Gates a réclamé de 5000 à 7000 soldats supplémentaires aux pays membre de l’OTAN. Le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé à l’unité des alliés derrière la stratégie de Barak Obama.
Le secrétaire général de l’ONU –, Ban Ki-moon, a salué mercredi l’annonce «  d’une nouvelle stratégie en Afghanistan par le Président américain Barack Obama, qui a décidé d’envoyer 30.000 troupes supplémentaires pour lutter plus efficacement contre les Talibans. » a assuré-je cite-« qu’elle était prête à travailler en étroite collaboration avec les états unis et d’autres parties de la communauté internationale pour relever le défit Afghan  » .
Le gouvernement corrompu Karzai installé par les forces d’occupation s’est dit « satisfait de la nouvelle stratégie américaine » .
Le président Sarkozy a dans un communiqué je cite « salué le discours courageux déterminé et lucide de son homologue américain auquel il a apporté son plein soutien 
 ». Il a déclaré " la France restera fermement engagée avec ses alliés aussi longtemps que nécessaire. Elle apportera son soutien renforcé au Pakistan voisin" La guerre s’étend au Pakistan voisin ou 2 000 soldats Pakistanais ont été tués depuis 2002 et 2 600 civils depuis 2007. Les américains bombardent le nord du Pakistan avec des drones.

Le peuple américain paye au prix fort le coût du budget militaire et de la guerre : selon la présidente du Sénat américain Nancy Pelosi qui a refusé de voter l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan ce sont 30 milliards de Dollars supplémentaires qu’il faudra rajouter au 100 milliards que coûtent les 100 000 soldats américains qui occupent l’Afghanistan.
Washington a appelé Paris à déployer 1500 soldats supplémentaires. Le ministre Kouchner a , selon une dépêche de l’AFP en date du 2 décembre évoqué je cite «  le déploiements de civils , de gendarmes et de techniciens  » se rajoutant au 3300 soldats et 150 gendarmes français qui occupent l’Afghanistan ;
Pendant ce temps le gouvernement supprime des postes par milliers dans les hôpitaux et les écoles pour financer la guerre.
Pour le parti ouvrier indépendant, la lutte contre la guerre est donc étroitement liée à la lutte contre l’exploitation. C’est pourquoi le POI s’est adressé à tous les partis de gauche afin d’ organiser une manifestation commune pour le retrait de toutes les troupes d’occupation d’Afghanistan. Le POI a pris ses responsabilités et a manifesté aujourd’hui.
Hier matin, les partis de gauche ont publié un communiqué demandant le retrait des troupes de l’OTAN de l’Afghanistan et le refus d’envoi de renforts français.
Nous nous en félicitons.
Nous précisons : troupes françaises, hors d’Afghanistan. Le POI renouvelle sa proposition aux partis se réclamant de la classe ouvrière et de la démocratie de manifestation unitaire pour le retrait immédiat de toutes les troupes d’Afghanistan et pour le droit du peuple afghan à disposer de lui-même Le POI salue les jeunes qui aujourd’hui, dans le monde entier, manifestent contre la guerre.
Le POI participera pleinement à la préparation de la conférence mondiale contre la guerre et l’exploitation qui va se tenir à Alger.
Nous lançons une nouvelle fois un appel à l’unité pour le retrait des troupes, de toutes les troupes et pour le doit du peuple Afghan à disposer de lui-même.

Quelques vues du rassemblement du 28 novembre

Des banderoles,


Les travailleurs du pole emploi sont présents,


les mineurs ,

les travailleurs frontaliers,


ainsi que des jeunes,


des élus

et ceux d’ABB,


de "Conti"

de Stanley

sont là pour combattre pour l’unité pour l’interdiction des licenciements

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